En Egypte, le bras-de-fer entre le gouvernement et les Frères musulmans continue

Le pays est encore sous tention et les manifestants continuent à tenir des sit-in pour réclamer le retour du président Morsi, destitué le 3 juillet dernier. Le gouvernement souhaite qu'ils cessent ces manifestations qu'il juge comme "une menace pour la sécurité nationale".

(Abd El Ghany Reuters)

Alors que le ministère égyptien de l'Intérieur appelle les
pro-Morsi à cesser leurs sit-in, les partisans du président déchu rassemblés au
Caire refusent de se disperser. Ce dialogue de sourds entre gouvernement et Frères musulmans a lieu la veille d'une nouvelle manifestation à l'appel de la
Coalition islamiste.

Les "mesures nécessaires"

Dès mercredi soir, le gouvernement avait demandé au ministre de
prendre "les mesures nécessaires "
afin de mettre un terme aux sit-in
pro-Morsi, des rassemblements qualifiés de "menace pour la sécurité
nationale
". Dans un communiqué, le ministère "appelle les personnes sur
les places Rabaa al-Adawiya au nord-est du Caire et Al-Nahda près de
l'université du Caire à laisser la raison et l'intérêt national l'emporter et à
partir rapidement
".

82 personnes tuées

Par ailleurs, il "promet une sortie sécurisée et une
protection totale à quiconque répondra à cet appel
". Samedi dernier, 82 personnes sont mortes dans des affrontements entre
islamistes et forces de l'ordre au Caire.
Depuis le 3 juillet, date de la
destitution de Mohamed Morsi,  les heurts
en marge de manifestations pro et anti-Morsi et les attaques dans le Sinaï dans
l'est ont fait plus de 300 morts à travers le pays. Les pro-Morsi
ont d'ores et déjà appelé à une nouvelle mobilisation massive vendredi sous le
slogan "l'Égypte contre le coup d'État ".