Egypte : un mort et une dizaine de blessés dans des affrontements entre pro et anti-Morsi

Plus d'un mois après la destitution de Mohamed Morsi, de nouveaux affrontements ont eu lieu mardi soir au Caire entre des partisans et des opposants de l'ancien président égyptien. Une personne a été tuée.

(Asmaa Waguih Reuters)

Les violences entre pro et anti-Morsi se poursuivent en Egypte. Les manifestations de soutien à l'ancien président déchu Mohamed Morsi viennent d'entrer dans leur deuxième mois, et sont toujours aussi meurtrières : un pro-Morsi a été tué mardi soir au Caire.

Partisans et opposants de l'ancien président déchu se sont lancé des projectiles dans la soirée dans le quartier d'Al Haram près des Pyramides, brisant la vitrine d'un grand magasin tenu par des islamistes. Selon les forces de sécurité, ces heurts ont fait au moins une dizaine de blessés et un mort, tué par balle. 

Manifestations toute la journée

Plus tôt dans la journée, les partisans du président destitué avaient manifesté aux abords de  plusieurs ministères, défiant de nouveau les autorités qui menacent de disperser à tout moment les
milliers de pro-Morsi, qui occupent toujours les places Rabaa al-Adawiya et Nahda du Caire.

L'une de ces marches a
brièvement dégénéré près du ministère des Biens religieux, où des heurts ont
éclaté entre des supporters de l'ex-chef de l'Etat et des résidents du centre
du Caire, poussant la police à tirer des grenades lacrymogènes. Les Frères musulmans, dont est issu l'ex-chef de l'Etat, ont annoncé qu'un manifestant avait touché par des policiers en civil. 

Les Etats-Unis veulent que les pro-Morsi puissent manifester

Mardi, Washington a demandé aux autorités égyptiennes de laisser les partisans de Mohamed Morsi manifester. Les Etats-Unis continuent de s'inquiéter d'une nouvelle irruption de violence

"Nous observons de très près la situation sur le terrain (...), préoccupés
par toute nouvelle information faisant état d'actes de violence
", a expliqué la porte-parole adjointe du département d'Etat Marie Harf.

Washington assure officiellement ne pas prendre parti dans la crise
égyptienne depuis la destitution le 3 juillet par l'armée du président
islamiste Morsi, démocratiquement élu au printemps 2012.
"Nous avions certaines réserves sur la manière dont M. Morsi gouvernait.
Quand nous aurons des inquiétudes similaires sur la manière dont le
gouvernement intérimaire agit, nous le lui dirons aussi de manière claire
", a
assuré Marie Harf.

"Nous encourageons le gouvernement intérimaire à laisser le peuple
manifester, c'est un élément fondamental pour faire avancer le processus
démocratique".

Depuis l'intervention des militaires égyptiens au début du mois de juillet, le gouvernement américain marche sur des oeufs. Washington  évite soigneusement d'employer le terme de "coup d'Etat " pour ne pas devoir
couper son aide militaire de 1,3 milliard de dollars par an : la loi américaine
stipule en effet que toute aide doit être suspendue en cas de renversement d'un
gouvernement civil par une armée.