Durant sa visite au Caire, le chef de la diplomatie française s'est déclaré contre une intervention militaire en Libye

Alain Juppé a estimé dimanche qu'une telle opération aurait des "effets tout à fait négatifs", ajoutant que "plusieurs partenaires" de la France partageaient son avis.Concernant sa visite officielle au Caire, Alain Juppé a déclaré avoir eu des échanges "intéressants" avec de jeunes Frères musulmans.

Alain Juppé sur la place Tahrir, au Caire (6/3/2011)
Alain Juppé sur la place Tahrir, au Caire (6/3/2011) (AFP / Khaled Desouki)

Alain Juppé a estimé dimanche qu'une telle opération aurait des "effets tout à fait négatifs", ajoutant que "plusieurs partenaires" de la France partageaient son avis.

Concernant sa visite officielle au Caire, Alain Juppé a déclaré avoir eu des échanges "intéressants" avec de jeunes Frères musulmans.

"Le dialogue que j'ai eu avec l'ensemble de cette délégation, et en particulier avec les membres des Frères musulmans, a été intéressant, et m'a permis de bien mesurer que la présentation qui est faite parfois de ce mouvement mérite d'être éclairée et approfondie", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue de sa visite.

Le groupe d'une dizaine de membres de la "coalition des jeunes de la révolution" comptait plusieurs personnes issues de la mouvance islamiste, qui a pris part à la révolte au côté de jeunes de l'opposition laïque ou sans appartenance politique.

Par ailleurs, Alain Juppé a rencontré le maréchal Hussein Tantaoui, chef du conseil suprême des forces armées, l'institution à qui l'ex-président Moubarak a remis le pouvoir en partant, ainsi que le chef de la Ligue arabe Amr Moussa, avec qui il s'est entretenu notamment de la crise libyenne.

Remaniement ministériel au Caire
Alors que le chef de la diplomatie française effectuait son voyage officiel dans la capitale égyptienne, un nouveau ministre des Affaires étrangères, Nabil al-Arabi, a été nommé dimanche en Egypte, a annoncé l'agence Mena, dans le cadre de nominations visant à remplacer des proches du régime de Moubarak.

De plus, un nouveau ministre de l'Intérieur, le général Mansour al-Issaoui, a été nommé, a annoncé le cabinet du Premier ministre dans la nuit de samedi à dimanche, après que des militants ont pris d'assaut des bâtiments de la sécurité d'Etat à travers le pays pour récupérer ses dossiers.

Soutenir la "transition démocratique" en Egypte
Arrivé samedi soir au Caire, le ministre français des Affaires étrangères s'est rendu en Egypte afin d'y soutenir une "transition démocratique". Pour Alain Juppé, il s'agit du premier voyage officiel en dehors de l'Europe depuis sa nomination au poste de chef de la diplomatie.

La diplomatie française s'est vu reprocher de ne pas avoir anticipé les révolutions survenues dans le monde arabe et d'avoir entretenu des liens privilégiés avec des dirigeants comme les ex-présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak, chassés sous la pression de leurs peuples.