Cet article date de plus de dix ans.

Dix-huit mois de prison avec sursis requis contre les époux Lavier, acquittés d'Outreau

Sept ans après l'affaire d'Outreau, le couple est accusé d'avoir maltraité ses enfants et de les avoir exposés à des scènes de fêtes débridées entre adultes.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Sandrine et son époux Franck Lavier, le 26 janvier 2012 au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Les époux Lavier refusent d'être présentés comme des parents violents, mais il n'ont visiblement pas convaincu le parquet. Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis jeudi 26 janvier contre eux. Acquitté dans l'affaire d'Outreau, ce couple de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) est aujourd'hui accusé de maltraitance envers ses enfants.

Deux des cinq enfants du couple, qui ont fugué en février 2011, ont fait état de "punitions à genoux pendant plusieurs jours" sur le sol ou bien sur "des manches de balais ou des barres de fer" dans leurs témoignages. Ils ont également déclaré avoir reçu des "coups de poings et des coups de pieds ou de ceinture" ou "avec une latte de sommier".

Parents "dépassés" pour la défense, maltraitants pour l'accusation

Sandrine et Franck Lavier comparaissaient avec quatre de leurs proches devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, sous les chefs d'accusation de "corruption de mineurs" et de "violences habituelles sur mineurs". Ils encourent jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende.

Sandrine et Franck Lavier, âgés de 34 et 33 ans, admettent seulement des carences éducatives et des "gestes déplacés". Les époux s'avouent "dépassés" dans l'éducation de leurs enfants, qui leur avaient été retirés durant trois ans au début des années 2000, lorsque Sandrine et Frank étaient mis en cause, à tort, dans l'affaire d'Outreau.

"[Ces dernières années], les bêtises étaient de plus en plus nombreuses, il y a eu une escalade des punitions, mais cela n'a jamais été excessif", a rapporté Franck Lavier, tout en niant avoir porté des coups aux enfants. "Cela consistait à écrire des lignes ou bien à rester à genoux les mains sur la tête, mais jamais plus d'une heure et jamais sur un manche à balai", a affirmé sa femme.

Des fêtes débridées en présence des enfants

L'accusation de corruption de mineurs trouve son origine dans une vidéo projetée au tribunal. On y voit des scènes de fêtes qui se déroulent à proximité des enfants. "Les messieurs apparaissent en nuisette rose quand ils ne montrent pas leur derrière à la fenêtre, les dames simulent des fellations avec des bouteilles vides, on crie des obscénités, tout le monde se dénude mais on cache ses parties intimes, la musique hurle", raconte Le Figaro.

Des scènes certes inappropriées, mais qui ont donné lieu à une interprétation excessive, selon la défense. Pour Me Franck Berton, l'avocat de Franck Lavier, les images montrent "des adultes lors de scènes de fêtes, qui rigolent, qui boivent, avec certes, certains d'entre eux en slip, mais les enfants ne sont pas spectateurs de ces scènes qui ne sont pas ouvertement sexuelles. Tout au plus devine-t-on qu'ils peuvent être à proximité". Le couple a reconnu que certains de ces gestes étaient déplacés, et qu'ils n'auraient pas dû avoir lieu en présence des enfants.

La défense a plaidé la relaxe des faits de corruption de mineurs et une "peine symbolique" pour les maltraitances. "Requérir 18 mois de prison avec sursis, c'est entrer dans une démesure totale au regard des faits", a affirmé Me Philippe Lescène, l'avocat de Sandrine Lavier. La décision sera connue le 23 février.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.