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Des soldats français ont été exposés délibérément à des radiations lors d'essais nucléaires en Algérie

Selon un rapport classé "Confidentiel défense" datant de 1960-7965, dont l'AFP s'est procuré une copie, les soldats, engagés et appelés étaient positionnés près du point d'explosion pour "étudier les effets" sur l'homme de l'arme atomique.Interrogé par l'AFP, Hervé Morin, le ministre de la Défense a assuré que "toute la transparence serait faite"
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soldats français au Sahara lors des essais nucléaires (1960)

Selon un rapport classé "Confidentiel défense" datant de 1960-7965, dont l'AFP s'est procuré une copie, les soldats, engagés et appelés étaient positionnés près du point d'explosion pour "étudier les effets" sur l'homme de l'arme atomique.

Interrogé par l'AFP, Hervé Morin, le ministre de la Défense a assuré que "toute la transparence serait faite"

L'existence de ce document, intitulé "La genèse de l'organisation et les expérimentations au Sahara", a été révélée mardi par "Le Parisien".

Ce texte, rédigé par des officiers français certainement en 1998, donc après la fin des essais nucléaires français en 1996, fait référence notamment au dernier tir atmosphérique dans le Sahara algérien, baptisé "Gerboise verte" le 25 avril 1961.

Peu après le tir, des hommes ont été envoyés en zone contaminée: certains s'étaient abrités dans des trous d'hommes à 800m du point d'impact et d'autres se sont approchés en camions 4x4.

Le rapport précise: le but était "d'étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l'homme par l'arme atomique, afin d'obtenir les éléments nécessaires à la préparation physique et à la formation morale du combattant moderne", précise le rapport.

Le combattant aurait pu continuer le combat
Equipés de bottes, pèlerines, gants et masque de combat, une trentaine d'hommes ont disposé de 45 minutes pour creuser des trous individuels à 800 mètres du point zéro. Le rapport: indique "absence de brûlures apparentes, mesures de radioactivité relevée sur les mannequins". Le texte ajoute que "le combattant aurait été physiquement apte à continuer le combat".

M.Morin a affirmé qu'une "synthèse de ce rapport avait été faite en janvier 2007 par le ministère de la Défense". Il a rappelé qu'une loi d'indemnisation des victimes des essais, instaurant "une présomption de cause", avait été votée. Il a ajouté avoir demandé "à l'Académie des sciences une étude complémentaire sur chaque tir et le niveau d'exposition, dont les conclusions seront publiques".

La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu'à l'ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française. Des milliers de vétérans des essais nucléaires, persuadés d'avoir été contaminés par la radioactivité, se battent pour la reconnaissance de leur préjudice.

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