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Des milliers d'opposants à une réforme constitutionnelle au Sénégal ont affronté jeudi les forces de l'ordre à Dakar

Le calme est revenu dans la soirée, après l'annonce du retrait du projet de loi du président Abdoulaye Wade.Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs autres villes du Sénégal, dont Ziguinchor, Kolda, Saint-Louis.
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Manifestation et émeutes à Dakar le 23 juin 2011 contre la réforme constitutionnelle au Sénégal (AFP/Moussa Sow)

Le calme est revenu dans la soirée, après l'annonce du retrait du projet de loi du président Abdoulaye Wade.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs autres villes du Sénégal, dont Ziguinchor, Kolda, Saint-Louis.

Dans sa version initiale, le texte visait à modifier la Constitution pour permettre aux Sénégalais d'élire simultanément, dès février 2012, un président et un vice-président sur la base d'un "ticket" qui, pour l'emporter, pouvait ne recueillir au premier tour que 25% des suffrages exprimés.

Le président Abdoulaye Wade a finalement renoncé à l'intégralité de son projet, y compris la disposition prévoyant la création d'un poste de vice-président. Il avait déjà retiré quelques heures auparavant la disposition la plus contestée consistant à abaisser de 50% à 25% la majorité requise pour être élu dès le premier tour.

Les opposants estimaient que la réforme aurait favorisé la réélection d'Abdoulaye Wade face à une opposition morcelée, au scrutin présidentiel de février 2012. Pour eux, le projet de création d'un poste de vice-président visait à transmettre le pouvoir au fils du chef de l'Etat, Karim, qui est déjà "super ministre" et chargé du quart du budget de l'Etat.

La Constitution du Sénégal limite le nombre de mandats présidentiels à deux quinquennats. Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 2000, estime que son premier mandat ne doit pas être pris en compte car la nouvelle loi fondamentale est entrée en vigueur en 2001.

Scènes d'émeutes à Dakar
Pendant que les députés discutaient jeudi dans l'hémicycle, à l'extérieur des forces de l'ordre déployées sur place tentaient de disperser les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau, en vain. De petits groupes jetaient des pierres, allumaient des feux sur certaines artères, érigeaient des barricades de fortune, incendiaient des véhicules...

Les protestataires étaient des milliers, en majorité des jeunes, dès le matin devant le Parlement, criant leur colère face à des partisans du pouvoir, moins nombreux.

Par endroits, Dakar était une ville morte, avec bureaux, commerces fermés, rues désertées de leurs piétons et véhicules. L'Ambassade de France avait recommandé aux ressortissants français de ne pas descendre dans les rues ce jour de colère.

Rue Carnot, au Plateau, des badauds regardaient une annexe fumante du ministère de la Justice. Elle venait d'être saccagée et incendiée. D'autres bâtiments publics situés dans le Plateau ou des bâtiments de responsables du parti présidentiel subissaient le même sort à travers la ville.

Le siège de la RTS, chaîne de radio-télévision publique, situé Avenue Malick Sy (centre-nord de Dakar) a aussi "fait les frais du défoulement des manifestants, particulièrement leurs parcs automobiles", rapporte l'Agence de presse sénégalaise (officielle).

Selon plusieurs Sénégalais, jamais contestation n'avait atteint une telle ampleur depuis l'arrivée au pouvoir en 2000 de M. Wade, 85 ans et candidat à un nouveau mandat.

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