Crash du MH17 en Ukraine : Berlin connaissait les dangers mais n'a rien dit

Dans un câble diplomatique émis par le ministère des Affaires étrangères allemand, quelques jours avant le crash, la situation était jugée "préoccupante".

Des experts sur le site du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, dans la région de Donetsk (Ukraine), le 16 avril 2015.
Des experts sur le site du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, dans la région de Donetsk (Ukraine), le 16 avril 2015. (IGOR MASLOV / RIA NOVOSTI / AFP)

Il savait, mais n'a pas alerté sur le sujet. Le gouvernement allemand connaissait les risques liés au survol de l'est de l'Ukraine, avant même le crash du Boeing de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014, mais il n'en a pas informé les compagnies aériennes allemandes, révèlent plusieurs médias outre-Rhin, dimanche 26 avril.

Un câble diplomatique émis par le ministère des Affaires étrangères allemand quelques jours avant le crash avait jugé la situation "préoccupante", car un avion militaire avait été abattu dans cette zone à plus de 6 000 mètres d'altitude. C'est ce qu'affirment les radios-télévisions WDR et NDR et le quotidien Süddeutsche Zeitung (en allemand).

Les compagnies aériennes "normalement informées"

Le jour du crash de la Malaysia Airlines, "trois appareils de Lufthansa ont aussi survolé la zone, dont un seulement vingt minutes avant le vol MH17", souligne le Süddeutsche Zeitung, dans un article à paraître lundi. "Normalement, les compagnies aériennes doivent être informées immédiatement en cas de changement de la situation en matière de sécurité (...). Or, cela n'a été le cas qu'après le crash du MH17", constate le journal.

Les 298 passagers, en majorité néerlandais, et les membres d'équipage du vol MH17 sont morts quand l'avion a été abattu par un missile alors qu'il survolait cette zone en guerre. L'Ukraine et les Etats-Unis affirment que l'appareil a été abattu par un missile sol-air fourni par Moscou aux séparatistes pro-russes. La Russie dément et pointe du doigt les forces ukrainiennes. Les autorités néerlandaises sont chargées de l'enquête sur les causes de l'accident.