Couvre-feu levé au Honduras

Le gouvernement de facto a annoncé dimanche la levée du couvre-feu instauré depuis le coup d'Etat du 28 juin

Le président évincé du Honduras, Manuel Zelaya, le 6 juillet 2009 à Managua, au Nicaragua
Le président évincé du Honduras, Manuel Zelaya, le 6 juillet 2009 à Managua, au Nicaragua (© AFP/MAYERLING GARCIA)
Le gouvernement de facto a annoncé dimanche la levée du couvre-feu instauré depuis le coup d'Etat du 28 juinLe gouvernement de facto a annoncé dimanche la levée du couvre-feu instauré depuis le coup d'Etat du 28 juin

Initialement en vigueur de 22H00 à 06H00, la durée de la mesure avait été réduite ces derniers jours à cinq heures et demie.

Les objectifs ayant été atteints, les autorités honduriennes mises sur pied après l'éviction du président hondurien Manuel Zelaya, ont annoncé sa suspension sur l'ensemble du territoire national à compter du 12 juillet.

Le président Roberto Micheletti, désigné président par le Congrès voulait à travers cette mesure, éviter de possibles actions violentes de partisans du chef de l'Etat déchu.

Le Congrès avait également décidé de suspendre plusieurs libertés fondamentales pendant les heures d'application du couvre-feu. Malgré cela, un bâtiment de justice et le siège d'une chaîne de télévision favorable au gouvernement Micheletti ont été la cible de jets de grenade pendant la nuit et les autorités ont affirmé avoir réussi à désactiver au moins une dizaine d'engins explosifs.

En dépit de ces troubles, les deux camps ont accepté de poursuivre les négociations à San José du Costa Rica, sous l'égide de son président, prix Nobel de la paix, Oscar Arias.

Condamnation de la communauté internationale

Pour le gouvernement mis en place après la capture et l'expulsion du pays du président Zelaya, le seul point "impossible à résoudre est celui du retour de l'ex-président au pouvoir", a souligné le ministre de la présidence du nouveau gouvernement, Rafael Pineda.

Manuel Zelaya, exilé par les nouvelles autorités de son pays, se trouvait le 7 juillet à Washington où il a rencontré la secrétaire d'Etat US Hillary Clinton à laquelle il a demandé un soutien accru des Etats-Unis. Le meêm jour, Interpol a annoncé qu'elle refusait d'émettre un "avis de recherche international en vue d'extradition" pour l'arrestation du président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, comme le lui demandaient les nouvelles autorités du pays.

L'OEA a exclu dans la nuit du 4 au 5 juillet le Honduras. Les nouvelles autorités honduriennes avaient devancé cette exclusion le 3 en annonçant que le Honduras quittait l'Organisation des Etats américains.

L'ensemble de la communauté internationale a condamné la destitution de Manuel Zelaya pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême.

Le leader communiste cubain Fidel Castro a estimé samedi que l'autorité des "gouvernements civils" d'Amérique latine et des Etats-Unis serait affaiblie si le président déchu du Honduras n'était pas rétabli dans ses fonctions". Barack Obama a dénoncé le coup d'Etat contre Manuel Zelaya qu'il considère toujours comme le président constitutionnel du Honduras.

La communauté internationale espère régler la crise avec l'organisation d'une élection présidentielle anticipée. Alors que la présidentielle était normalement prévue pour le 29 novembre prochain, Roberto Micheletti a déclaré qu'il n'avait "aucune objection" à un scrutin anticipé.