Corruption : Mariano Rajoy se justifie devant les députés

Le chef du gouvernement a du répondre jeudi matin aux accusations de corruption dont il fait l'objet. Il a d'abord écarté toute démission, avant d'expliquer qu'il s'était trompé en faisant confiance à l'ancien trésorier de son parti, désormais en prison, accusé d'avoir organisé une trésorerie occulte au Parti populaire. Quant aux sommes occultes, elles ne l'étaient pas - elles ont servi à rémunérer un travail légalement, dit-il.

(Maxppp)

"Monsieur Rajoy, vous n'avez pas dit la vérité aux Espagnols. Vous portez préjudice à l'Espagne. Pour cela, je vous demande de partir !" a martelé le chef de l'opposition, Alfredo Perez Rubalcaba. Rien dans cette affaire ne "m'empêchera de gouverner" , a rétorqué Mariano Rajoy. "Je ne vais pas me déclarer coupable parce que je ne le suis pas. Je ne vais ni démissionner, ni convoquer des élections".   Ambiance...

Depuis le début de l'année, ou presque, l'opposition de gauche réclame la démission du chef du gouvernement, accusé de corruption. Ce dont il se défend avec la dernière énergie. Le scandale a rebondi il y a deux semaines, quand la presse espagnole a publié des conversations prouvant la connivence entre Rajoy et l'ex-trésorier du parti, aujourd'hui en prison.

Luis Barcenas a tenu les finances du Parti populaire pendant une vingtaine d'années, et aurait versé de l'argent, au noir, à plusieurs de ses dirigeants - dont Mariano Rajoy. Il est en prison pour fraude fiscale et blanchiment d'argent. La justice découvert notamment qu'il avait détenu deux comptes en Suisse, dotés au total de 47 millions d'euros.

"Je me suis trompé en faisant confiance à quelqu'un qui ne le méritait pas" (Mariano Rajoy)

"Je me présente devant les députés pour fournir les clarifications nécessaires sur la situation que nous vivons" , a expliqué Mariano Rajoy à la tribune du Congrès des députés. Et le chef du gouvernement de livrer, donc, sa vérité : "Je me suis trompé en faisant confiance à quelqu'un qui ne le méritait pas".

Quant aux rémunérations occultes versées par le parti, il s'agissait, selon lui, de "rémunérations complémentaires" destinées à certains dirigeants ; des sommes "payées pour un travail légalement, incluses dans la comptabilité. Déclarer ces revenus au fisc est une responsabilité individuelle."