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Quatre questions sur le tir d'un nouveau missile balistique nord-coréen

Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont réclamé une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.

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Une télévision diffuse le tir nord-coréen d'un missile, dimanche 12 février 2017 à Séoul (Corée du Sud). (JUNG YEON-JE / AFP)

La nouvelle inquiète la communauté internationale. Lundi 13 février, la Corée du Nord a assuré avoir testé, avec "succès", un nouveau missile balistique. Et son dirigeant Kim Jong-un "a exprimé sa grande satisfaction à posséder un autre puissant moyen d'attaque nucléaire qui renforce la formidable puissance du pays", selon l'agence de presse officielle KCNA.

Ce tir est perçu comme un défi pour le nouveau président américain Donald Trump. Il sera débattu en urgence par le Conseil de sécurité de l'ONU à la demande de Washington, Séoul et Tokyo. Franceinfo revient en quatre questions sur ce tir.

Dans quel contexte s'est déroulé le tir ?

L'engin a été testé dimanche, depuis une base aérienne de l'ouest de la Corée du Nord. Il a parcouru environ 500 km vers l'Est avant de tomber en mer du Japon, selon le ministère sud-coréen de la Défense. Le missile est visible sur des photos publiées par le KCNA, sous les yeux de Kim Jong-un et de dizaines de soldats et de scientifiques.

Une télévision diffuse l'intervention du leader nord-coréen Kim Jong-Un, dimanche 12 février 2017 à Séoul (Corée du Sud). (JUNG YEON-JE / AFP)

C'est la première fois que la Corée du Nord parle du Pukguksong-2. En août, le régime avait annoncé un tir d'essai de Pukguksong-1 (qui signifie "Etoile du Nord") à partir d'un sous-marin. Il s'agit d'un "missile sol-sol de moyenne à longue portée Pukguksong-2", décrit comme un "nouveau système d'armements stratégiques de style coréen".

Quelle est la particularité de ce missile ?

Le moteur du Pukguksong-2 utilise du combustible solide, ce qui réduit le temps de ravitaillement comparé aux missiles alimentés par du combustible liquide, selon un analyste de l'Institut des Affaires étrangères et de la sécurité de Séoul. Ces missiles sont plus difficiles à détecter préalablement à leur lancement par les satellites de surveillance, a-t-il expliqué. "Cela laisse peu de temps de préavis, si bien qu'ils représentent une plus grande menace pour l'adversaire".

Selon un responsable de l'état-major sud-coréen interarmées, la Corée du Nord semble avoir fait appel à la technologie du "lancement froid" pour tirer le Pukguksong-2. Le missile est éjecté initialement par une cartouche de gaz avant que le moteur ne s'allume, technique jugée plus sûre et plus facile à masquer.

La menace est-elle réelle ?

Difficile à dire. La Corée du Nord a plusieurs fois revendiqué, par le passé, des avancées militaires qui ont laissé les analystes sceptiques. Le pays affirme avoir mis au point un missile balistique intercontinental (ICBM), mais n'en a, pour l'instant, pas testé.

Le Musudan, engin de portée intermédiaire capable en théorie d'atteindre les bases militaires américaines sur l'île de Guam, dans le Pacifique est le missile à la portée la plus longue essayé par Pyongyang. La plupart des essais se sont soldés par des échecs

Comment réagissent les pays menacés ?

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a jugé le tir de dimanche "absolument intolérable". Le ministère sud-coréen de la Défense, lui, évoque "une provocation armée destinée à tester la réaction de la nouvelle administration américaine dirigée par le président Trump". Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont réclamé une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, prévue lundi.

Les résolutions de l'ONU interdisent à la Corée du Nord tout programme nucléaire ou balistique. Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006, le régime a essuyé six volées de sanctions qui ne l'ont guère dissuadé d'abandonner des ambitions militaires qu'il assure défensives.

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