La Corée du Nord tire un nouveau missile en mer du Japon

La Corée du Nord a tiré mercredi un nouveau missile qui s'est abattu au large du Japon, provoquant la colère de Tokyo et aggravant un climat déjà très tendu avec Séoul et Washington.

Photo datant du 21 juillet 2016 diffusée par l’agence de presse officielle nord coréenne KCNA, montrant un missile Hwasong.
Photo datant du 21 juillet 2016 diffusée par l’agence de presse officielle nord coréenne KCNA, montrant un missile Hwasong. (KNS / KCNA / AFP)

La Corée du Nord a tiré, mercredi 4 août, un nouveau missile qui s'est abattu au large du Japon, affirme Séoul. Une apparente démonstration de force contre le déploiement au Sud d'un bouclier antimissile américain. Washington a promptement réagi, le département d'Etat affirmant que les Etats-Unis étaient "prêts (…) à nous défendre nous, ainsi que nos alliés contre toute attaque ou provocation."

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a vu dans ce tir "un acte scandaleux" et "une menace sérieuse à la sécurité du pays". Le ministre de la Défense japonais avait auparavant indiqué que le missile était tombé en mer du Japon, dans la zone économique exclusive de l'archipel, ce qui n'était pas survenu depuis 1998.

Ce nouveau tir, qui constitue une nouvelle violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, intervient à quelques semaines du lancement de nouveaux exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud. Ces manœuvres, qui avaient impliqué en 2015 30 000 militaires américains et 50 000 Sud-coréens, sont chaque année une cause de crispation diplomatique sur la péninsule, où la situation est déjà tendue depuis le début de l'année.

Depuis janvier, les tensions s'aggravent

Mercredi, le missile a été tiré d'une zone proche de la ville d'Unyul vers 7h50 (heure locale) en direction de la mer du Japon, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense. Le projectile a volé sur une distance d'un millier de kilomètres et était vraisemblablement un missile Rodong de portée intermédiaire, selon la même source.

Ce lancement intervient deux semaines après le tir par la Corée du Nord de trois missiles balistiques qui, selon Pyongyang, simulaient des frappes nucléaires préventives sur des ports et des aérodromes sud-coréens dans lesquels se trouvent du matériel militaire américain. Depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, suivi le 7 février par un tir de fusée généralement considéré comme un essai déguisé de missile longue portée, les tensions ne cessent de s'aggraver dans la péninsule coréenne.

Un missile intercontinental capable d'atteindre le continent américain

Alors que les résolutions de l'ONU lui interdisent tout programme nucléaire ou balistique, la Corée du Nord progresse, selon les experts, dans ses efforts pour mettre au point un missile intercontinental capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

Pyongyang a menacé le 11 juillet de lancer une "action physique" contre un bouclier antimissiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defence) américain qui doit être déployé en Corée du Sud et que Séoul juge vital pour sa sécurité nationale. Washington et Séoul avaient annoncé plus tôt être parvenus à un accord sur le déploiement du bouclier antimissile d'ici la fin de l'année, face à la multiplication des menaces venues de Corée du Nord.