"Je ne sens aucune différence" : avant le sommet entre les deux Corées, dans la zone démilitarisée, la détente n'est pas flagrante

À Panmunjeom, avant la rencontre très attendue vendredi entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in, dans la zone démilitarisée, le relatif réchauffement des relations entre les deux pays n'est pas ressenti sur place.

Des soldats sud-coréens (premier plan) et des soldats nord-coréens (deuxième plan), assure la garde devant la ligne de démarcation. Au troisième plan, la \"Maison de la paix\", où auront lieu les pourparlers inter-coréens.
Des soldats sud-coréens (premier plan) et des soldats nord-coréens (deuxième plan), assure la garde devant la ligne de démarcation. Au troisième plan, la "Maison de la paix", où auront lieu les pourparlers inter-coréens. (- / KOREA SUMMIT PRESS POOL)

"Nous allons entrer dans la zone de sécurité conjointe, indique un soldat, dans le bus qui nous conduit à Panmunjeom. Je vous rappelle que tout geste en direction des soldats nord-coréens est strictement interdit ; ils pourraient croire que vous vous moquez d’eux." Vendredi 27 avril aura lieu là-bas la très attendue rencontre entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in. C’est le premier sommet depuis 11 ans entre les deux Corées. Ce tête-à-tête, qui vise à discuter de démantèlement nucléaire et de l’établissement d’un régime de paix sur la péninsule, prend place sur cette zone de la frontière ultra-militarisée, seul point de contact entre Nord et Sud.

Nordistes et sudistes ne sont qu'à quelques mètres

Arrivés là-bas, deux grands bâtiments vides et trois baraques bleues à cheval sur la frontière. Au milieu d’un no man’s land de champs de mines et des miradors. Les soldats nordistes ne sont qu’à quelques mètres des militaires sudistes et américains. La détente actuelle n’est pas flagrante, ici. "Nous ne sommes pas autorisés à interagir avec les soldats nord-coréens [en face], et eux non plus, assure le caporal américain Viruet. Je ne sens aucune différence [avec la période de tensions] : nous sommes aussi prêts que d'habitude, si quelque chose arrive..."

C'est ici, à quelques mètres de la ligne de démarcation, que se rencontreront les dirigeants nordistes et sudistes dans la "Maison de la Paix", un bâtiment flambant neuf, qui porte encore les traces de balles nord-coréennes tirées lors de la défection d’un soldat, en novembre.

Avant la rencontre entre les dirigeants des deux Corées, dans la zone démilitarisée, pas de flagrante détente - reportage Frédéric Ojardias
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"Si vous m’aviez dit il y a 6 mois, quand les Nord-Coréens tiraient des missiles, quand nous tirions des missiles, qu’une telle rencontre aurait lieu, je ne vous aurais pas cru, s’exclame Elise Van Pool, responsable des Affaires publiques de l’armée américaine en Corée. Le fait [que Kim Jong-un vienne jusqu’ici] montre un certain niveau de confiance. La rencontre sera historique. Pendant longtemps, Panmunjeom n’était plus qu’une destination touristique.

C'est bien de rappeler que ce lieu a été créé à l’origine dans le but d’organiser des pourparlers. Et, espérons-le, de trouver un jour une solution au conflit sur la péninsule coréenne.Elise Van Poolà franceinfo

Des ouvriers effectuent des travaux de dernière minute sur la "Maison de la Paix", sans doute pour enlever les traces de balles : tout doit être prêt avant le sommet entre Kim Jong-un et Moon Jae-in.