La Corée du Nord annonce un nouveau tir de fusée au mépris des menaces de sanctions internationales

Pyongyang affirme avoir réussi à placer un satellite en orbite. Pour l'ONU et les Etats-Unis, il s'agissait en réalité d'un test de missile.

Une télévision sud-coréenne diffuse des images d\'un tir de fusée nord-coréen, le 7 février 2016 à Séoul (Corée du Sud).
Une télévision sud-coréenne diffuse des images d'un tir de fusée nord-coréen, le 7 février 2016 à Séoul (Corée du Sud). (KIM HONG-JI / REUTERS)

Faut-il croire la Corée du Nord ? Pyongyang a annoncé, dimanche 7 février, avoir réussi à placer un satellite en orbite. Pour la communauté internationale, pas de doute, ce tir de fusée longue portée est surtout un test en vue d'élaborer des missiles capables de frapper les Etats-Unis. Un nouveau défi lancé au monde, un mois après que le régime de Kim Jong-un ait affirmé avoir procédé à un essai nucléaire.

Un tir confirmé par les Etats-Unis

A en croire la télévision officielle nord-coréenne, le tir de fusée a permis "de placer avec succès notre satellite d'observation de la Terre Kwangmyong 4 (...) en orbite". Pyongyang a souligné son droit à une utilisation "pacifique et indépendante" de l'espace. Le programme spatial de Pyongyang est largement considéré comme une couverture pour le développement de son armement.

Le succés du placement d'un satellite en orbite n'avait pas été confirmé, dimanche matin, par une source extérieure. En revanche, un responsable américain de la défense a reconnu qu'un véhicule de lancement "semble avoir gagné l'espace".

Discussions entre Séoul et Washington

Ce lancement de fusée n'est pas une surprise : au courant du projet, la Corée du Sud avait averti son voisin, mercredi, qu'il paierait un "prix fort" s'il mettait sa menace à exécution. Dimanche, Séoul a annoncé l'ouverture de pourparlers officiels avec les Etats-Unis pour déployer sur la péninsule coréenne un système de défense antimissiles américain. 

Le conseil de sécurité de l'ONU va se réunir en urgence à New-York. Washington a dénoncé une action "déstabilisatrice et provocatrice". Tokyo et Moscou ont également condamné ce tir, et Pékin a regretté cette initiative et appelé au calme. La France a réagi dans un communiqué.

Ce tir de fusée nord-coréen est le premier depuis décembre 2012. Pour un analyste américain, lerégime "a vraisemblablement fait le calcul qu'avec un lancement aussi rapproché de son essai nucléaire, les sanctions consécutives à cet essai ne seraient renforcées qu'à la marge". L'ONU avait en effet promis un renforcement des sanctions internationales après l'annonce d'un essai nucléaire début janvier.