Corées : des Sud-Coréens passent quelques jours au Nord pour des réunions de familles séparées par la guerre

Ils sont 89 Sud-coréens à avoir été tirés au sort pour pouvoir rencontrer des membres de leur famille qu'ils n'ont parfois plus vus depuis 1950. Il s'agit de la première initiative du genre depuis trois ans. Elle s'inscrit dans un contexte de détente.

Lee Keum-seom (à gauche), 92 ans, rencontre son fils nord-coréen Ri Sung Chol (à droite), 71 ans, au mont Kumgang en Corée du Nord.
Lee Keum-seom (à gauche), 92 ans, rencontre son fils nord-coréen Ri Sung Chol (à droite), 71 ans, au mont Kumgang en Corée du Nord. (KOREA POOL / AFP)

Des retrouvailles poignantes. Plusieurs dizaines de Sud-Coréens d'un âge avancé se sont rendus en Corée du Nord, lundi 20 août, pour rencontrer des parents qu'ils n'ont plus revus depuis la Guerre de Corée (1950-1953). Ces 89 Sud-Coréens tirés au sort et leurs accompagnateurs ont quitté la ville portuaire de Sokcho dans un convoi de 14 autocars.

Des reporters de l'AFP à la frontière ont vu ces familles sud-coréennes, qui s'étaient pour la plupart mises sur leur trente-et-un, pénétrer dans la partie nord de la Zone démilitarisée qui divise la péninsule en deux. Cette nouvelle série de réunions, les premières depuis trois ans, ont lieu dans la station de montagne nord-coréenne du mont Kumgang. Elles sont une illustration supplémentaire de la détente entre le Nord et le Sud, après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord.

Le Sud-coréen Ham Sung-chan (à droite), 93 ans, enlace son frère Nord-coréen Ham Dong Chan (gauche), 79 ans, le 20 août 2018.
Le Sud-coréen Ham Sung-chan (à droite), 93 ans, enlace son frère Nord-coréen Ham Dong Chan (gauche), 79 ans, le 20 août 2018. (YONHAP / AFP)

Officiellement toujours en guerre

Des millions de personnes ont été séparées de membres de leur famille par ce conflit qui a scellé la division hermétique de la péninsule. Aucun traité de paix n'ayant été signé, Nord et Sud sont encore, techniquement, en état de guerre, et toute communication civile est rigoureusement proscrite.

Depuis 2000, les deux camps ont organisé vingt séries de réunions de familles, au gré de l'amélioration des relations bilatérales. Mais soixante-cinq ans après l'armistice, le temps est compté pour les survivants. De lundi à mercredi, les participants passeront au total 11 heures avec les membres de leur famille au Nord, souvent sous la supervision d'agents nord-coréens, avant de se séparer à nouveau, probablement pour toujours.