"Ce n'est pas la guerre, ça ?" : au Haut-Karabakh, l'inquiétude d'une escalade dans le conflit avec l'Azerbaïdjan

Mardi 19 septembre, une opération militaire a fait au moins 32 morts et 200 blessés dans cette enclave arménienne, située sur le territoire de l’Azerbaïdjan. Dans cette région séparatiste, le conflit dure depuis 30 ans, mais la situation devient explosive.
Article rédigé par Virginie Pironon
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Des soldats arméniens, dans la région du Haut-Karabakh, le 12 novembre 2020, trois jours après la signature d'un cessez-le-feu avec Azerbaïdjan. (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

Il a passé la journée à dresser la liste des victimes, mortes ou blessées. Mardi 19 septembre, Gegham Stepanyan,  défenseur des droits du Haut-Karabagh, a fait le bilan de la dernière offensive militaire lancée par l'Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh. Elle a fait au moins 32 morts et plus de 200 blessés, selon les autorités arméniennes.

Alors que le conflit dure depuis 30 ans dans cette enclave arménienne située sur le territoire de l’Azerbaïdjan, Gegham Stepanyan craint désormais une escalade. "Ce n'est pas la guerre, ça ?", demande-t-il alors qu'il entendait "toutes sortes d'armes" depuis son bureau de Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh.

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"Aujourd'hui, l'Azerbaïdjan prouve une nouvelle fois que le président Ilham Aliev est un criminel de guerre, qu’Aliev tue le peuple du Haut-Karabagh, lance-t-il. Il ne peut y avoir aucuns pourparlers sur les droits et la sécurité des Arméniens du Haut-Karabagh sous contrôle de l’Azerbaïdjan", ajoute-t-il.

Depuis plusieurs mois, la situation s'aggrave sur ce territoire, alors que l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont déjà affrontés deux fois. La première guerre avait duré de 1988 à 1994. La deuxième, en 2020, s'était arrêtée au bout de six semaines. 

Une ligne de front plus proche de la capitale

Après la guerre de 2020, l’Azerbaïdjan a repris 75% des territoires du Karabagh. Alors, forcément, aujourd'hui, la ligne de front s’est considérablement rapprochée de la capitale, Stepanakaert, et de ses 50 000 habitants.

"Stepanakaert est situé très près de la ligne de contact. Nous ne sommes qu’à 5 ou 6 kilomètres de la ville de Chouchi, où les Azerbaïdjanais ont des positions militaires. Et bien sûr, les civils sont menacés, parce que l’Azerbaïdjan a toutes sortes d’armes pour cibler nos communautés."

Mardi soir, plus de 7 000 civils de 16 localités ont été évacués, tandis que l’Azerbaïdjan appelait les troupes du Haut-Karabakh à déposer les armes.

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