Colombie : l'armée appelée en renfort contre la colère des paysans

Le président colombien a ordonné le déploiement de militaires à Bogota et sur les principales routes du pays. Juan Manuel Santos répond ainsi à un mouvement paysan lancé il y a plusieurs jours et qui a engendré de violents affrontements.

(John Vizcaino Reuters)

Depuis 12 jours, la Colombie
est secouée par un mouvement de paysans en colère. Ils demandent l'établissement
du prix planchers pour certains produits. Les manifestants dénoncent également
les Traités de libre échange signés par la Colombie, qui selon les paysans,
entraînent un dumping sur les produits importés et empêchent de subventionner les
secteurs productifs nationaux.

Mercredi, une cinquantaine de
manifestations ont eu lieu dans les principales villes du pays. Jeudi, des
affrontements ont éclaté en marge d'une manifestation à Bogota. Deux personnes
sont mortes et 147 ont été blessées. Depuis le début du mouvement, quatre
personnes ont été tuées.

Jeudi soir, le président de
Colombie a fait appel à l'armée pour calmer la situation. Depuis, les militaires sont
déployés à Bogota, ainsi que sur les axes routiers principaux pour "assurer la
mobilité sur nos routes
", et des "ponts aériens ", a expliqué Juan Manuel Santos. A cause des
blocages routiers, certaines villes commencent 
à manquer de denrées.

Le président Santos a
officiellement reconnu jeudi que le secteur était "en crise " et a
formulé plusieurs propositions aux protestataires, dont des mesures pour
contrôler le prix des engrais et des intrants. Vendredi, il a laissé entendre
que la balle était désormais dans le camp des paysans car les concessions du
gouvernement étaient "sur la table ".