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Climat social tendu au Brésil avant le Mondial

A une semaine du Mondial, et un an après le "Printemps tropical" le climat social brésilien ne s'est pas apaisé... Mais la contestation semble changer de visage.
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Radio France
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 (Des policiers évacuent les voyageurs descendus sur les rails, à São paulo. © REUTERS / Chico Ferreira)

Au printemps 2013, la fronde était déjà partie de Saõ Paulo. Etudiants, enseignants et associations avaient alors manifesté, critiquant les 11 milliards de dollars d'argent public dépensés pour le Mondial.

Un an plus tard, ce sont les employés du métro de São Paulo qui se sont lancés, ce jeudi, dans une grève illimitée pour demander de meilleurs salaires. La grève a donné lieu à des débordements : agacés, des usagers laissés à quai ont tenté de forcer les portes d'une rame à quai, à la station Itaquera, où transiteront en juin des milliers de spectateurs pour les matches du Mondial.

Si le climat social est aussi tendu, l'organisation du mouvement a changé. C'est ce qu'explique à l'AFP José Augusto Rodrigues, sociologue à l'Université d'état de Rio. "C'est radicalement différent des manifestations de 2013, qui furent l'expression du mal-être qui existait dans le pays. Les gens étaient sortis spontanément dans les rues. Le malaise persiste, explique-t-il, mais ce sont les partis et les syndicats qui ont pris le relai. La classe moyenne a peur de la violence et des radicaux "... Mais aussi de la répression policière.

Vers une grève illimitée dans les transports aériens

Pour éviter les débordements et ne pas se retrouver avec un nouveau "printemps tropical " à l’heure ou tous les pays du monde seront tournés vers le Brésil, la police militaire de São Paulo a mis en place une compagnie d’intervention spéciale, chargée d’exfiltrer les éléments "dangereux " des manifestations. Des policiers formés aux arts martiaux et plus grands et costauds que leurs collègues. Des avocats activistes dénoncent les méthodes de cette police qui "fait sa loi ".

En plus des manifestations politiques, l’autre risque pourrait venir des transports. Après le métro de São Paulo ce sont les mécaniciens au sol de la Latam Airlines, l’une des principales compagnies d’Amérique latine, qui ont menacé ce mercredi de se lancer dans une grève de 24 heures dans sept pays de la région. Or, "sans mécaniciens, impossible de faire décoller les avions ", ont prévenu les représentants syndicaux de la compagnie. Les mécaniciens demandent notamment une revalorisation de leurs salaires, qui n’ont pas augmenté depuis 10 ans. La date de la grève n’est pas connue mais elle pourrait avoir lieu autour du 12 juin, jour du coup d’envoi du Mondial.

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