Pourparlers pour réunifier Chypre : une marche de la génération qui "ne veut pas s'habituer à la séparation"

Les négociations sur l'avenir de Chypre ont repris mercredi en Suisse, en vue d'une solution à la division de l'île depuis plus de 40 ans. Un territoire où de jeunes Chypriotes grecs et turcs veulent prouver que la coexistence est possible.  

A Pyla (Chypre), où vivent des habitants issus des communautés grecque et turque, les panneaux sont rédigés dans les deux langues. 
A Pyla (Chypre), où vivent des habitants issus des communautés grecque et turque, les panneaux sont rédigés dans les deux langues.  (IAKOVOS HATZISTAVROU / AFP)

Les pourparlers sur le futur de Chypre ont repris mercredi 28 juin en Suisse, sous les auspices de l'ONU, pour tenter de trouver une solution à la partition de l'île, remontant à 1974. Alors que la médiation entre Chypriotes grecs et turcs bute sur des positions difficilement conciliables, des jeunes des deux communautés ont lancé sur l'île une initiative en faveur de la réunification.

Chypre : une marche de la génération qui "ne veut pas s'habituer à la séparation" - un reportage d'Angélique Kourounis
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Le groupe d'une dizaine de jeunes a entamé un tour de l’île pour prouver que la coexistence est possible. En deux jours, le mouvement a été arrêté par trois fois a été arrêté par les différentes armées qui stationnent à Chypre. L’armée britannique puis la police chypriote grecque et la police des armées venue en civil lui poser des questions. Malgré les frontières, les militaires et les interdits, les participants à la marche veulent prouver que Chypre doit être réunifiée à nouveau. Pour un jeune Chypriote turc, il n’y a pas d’autre solution. "Je pense que les politiciens peuvent signer des papiers, mais la vraie paix ne peut venir que de gens comme nous et de ce genre d’initiative", dit-il. Les jeunes gens ne se disent pas Chypriotes turcs ou grecs, mais Chypriotes turcophones ou hellénophones. Leur langue commune, c’est désormais l’anglais.

La dernière opportunité pour lever les barrières

Ils marchent environ 30 km par jour, avec en tête l'urgence d'aboutir à une solution. Pour Andreas, 27 ans, les négociations qui reprennent aujourd’hui, sont bien celles de la dernière chance. "Nous sommes la génération qui redoute de s’habituer à cette séparation", prévient le jeune homme.

Nous sommes la dernière génération à avoir encore des parents et des grands-parents qui ont connu et la guerre et la vie commune. Après nous, c’est fini.Andreas, militant d'une Chypre unieà franceinfo

Le groupe de jeunes gens s'accroche à ce qu'il voit comme la dernière opportunité pour une vie commune sur l'île, avec ce mot d'ordre : "On est tous Chypriotes".