Une fillette retrouve l'appel à l'aide d'une personne emprisonnée en Chine dans une carte de Noël

Dans le message, un prisonnier demande à la personne qui lira le message de prévenir une organisation de lutte en faveur des droits de l'homme et de contacter un ancien journaliste britannique, Peter Humphrey, emprisonné pendant deux ans en Chine. 

Des cartes de Noël dans un magasin de Chicago (Etats-Unis), le 13 décembre 2017. 
Des cartes de Noël dans un magasin de Chicago (Etats-Unis), le 13 décembre 2017.  (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

"Nous sommes des prisonniers étrangers dans la prison Qingpu Shanghai Chine.  Forcés de travailler contre notre volonté. S'il vous plaît, aidez-nous et prévenez [une] organisation de droits de l'Homme." Voici le mot qu'une petite britannique de 6 ans a découvert quand elle a ouvert, dans le sud de Londres, une carte de Noël illustré par un chaton, rapporte dimanche 22 décembre le journal The Sunday Times (lien en anglais).

Alerté, la direction de Tesco, l'enseigne où la carte a été acheté, a "immédiatement suspendu [la production à] l'usine où ces cartes sont produites et lancé une enquête", a réagi une porte-parole. "Nous avons également retiré ces cartes de la vente", dont le produit est reversé à des organisations caritatives, a-t-elle précisé. "Nous abhorrons le recours au travail pénitentiaire et nous ne l'autoriserions jamais dans notre chaîne de production", a-t-elle ajouté.

Selon la porte-parole, Tesco dispose d'une "système de contrôle exhaustif". L'usine, identifiée par le groupe comme étant Zheijiang Yunguang Printing, a fait l'objet d'un "contrôle indépendant" en novembre et "aucun élément n'a été trouvé tendant à suggérer qu'ils avaient enfreint notre règle interdisant le travail pénitentiaire", a-t-elle souligné. 

"Contacter monsieur Peter Humphrey"

Selon le Sunday Times, le message retrouvé dans le carte demandait également à la personne qui le trouverait de "contacter monsieur Peter Humphrey". Le père de la fillette a recherché ce nom sur Google et a découvert qu'il s'agissait de l'ex-journaliste et enquêteur privé qui avait été arrêtés durant l'été 2013, puis condamné en août 2014 à deux ans et demi de prison pour violations des lois chinoises sur la vie privée alors qu'il travaillait dans le pays pour le compte du groupe britannique GlaxoSmithKline (GSK).

Peter Humphrey, qui a signé l'article du Sunday Times, a purgé une partie de sa peine dans la prison de Qingpu. Il a expliqué avoir contacté d'ex-prisonniers de l'établissement qui lui ont confirmé avoir été forcés d'emballer les cartes de Tesco.