Ouïghours : Nike, Adidas et Uniqlo rejoignent H&M dans la tourmente en Chine

Plusieurs marques, qui avaient annoncé il y a plusieurs semaines leur boycott du coton du Xinjiang, sont l'objet d'une campagne de dénigrement en Chine, avec le désengagement de leurs égéries locales.

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Un magasin Nike de Pékin (Chine), photographié le 25 mars 2021. (GREG BAKER / AFP)

Après H&M la veille, Nike, Uniqlo ou encore Adidas sont devenues jeudi 25 mars les dernières marques à subir les foudres chinoises, après leurs boycotts du coton du Xinjiang sur fond d'allégations de "travail forcé" de musulmans ouïghours. Selon des études publiées par des instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des "camps" et certains soumis à du "travail forcé", notamment dans des champs de coton de la région.

>> L'article à lire sur la répression des Ouïghours en Chine.

Après la publication d'études, plusieurs entreprises de prêt-à-porter comme le suédois H&M, l'américain Nike, l'allemand Adidas ou le japonais Uniqlo se sont engagées l'an passé, dans des communiqués, à boycotter le coton du Xinjiang. La région représente près d'un cinquième de la production mondiale et fournit de nombreux géants de l'habillement.

Des célébrités se désengagent

Les communiqués de ces entreprises sont opportunément réapparus cette semaine sur le réseau social chinois Weibo, déclenchant une polémique alimentée par l'imposition lundi par l'Union européenne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada de sanctions contre la Chine concernant le traitement des Ouïghours.

Première entreprise visée, H&M avait déjà vu mercredi ses produits retirés des principaux sites chinois de vente en ligne. Ses magasins restent toutefois ouverts. La polémique a enflé jeudi avec l'annonce par plusieurs acteurs et chanteurs chinois qu'ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Uniqlo, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils ou elles étaient les ambassadeurs d'image.

Le régime dément toute instrumentalisation

"Les intérêts du pays passent avant tout", a indiqué l'actrice Tan Songyun pour mettre fin à son partenariat avec Nike, se disant "fermement opposée à toutes les actions malveillantes visant à salir" la Chine. Signe d'une possible intervention de l'exécutif, c'est la Ligue de la jeunesse communiste, une organisation affiliée au parti au pouvoir, qui avait lancé les hostilités sur Weibo.

Interrogé sur le fait de savoir si Pékin orchestrait cette polémique, le ministère chinois des Affaires étrangères a démenti jeudi toute responsabilité. "Le marché chinois est comme il est. Nous n'avons nul besoin de nous lancer dans des intimidations", a indiqué la porte-parole Hua Chunying lors d'un point-presse. "Une chose est toutefois certaine: les Chinois n'autoriseront probablement pas des étrangers à profiter des largesses de la Chine tout en la critiquant."

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