"Le contrôle est de plus en plus serré" : au classement mondial de la presse, la Chine recule à la 177e place sur 180

Alors que la journée mondiale de la liberté de la presse se tient ce vendredi, une journaliste chinoise a accepté de se confier à franceinfo sur les conditions d'exercice de son métier. 

Une journaliste chinoise à Pekin en Chine le 5 mars 2018. 
Une journaliste chinoise à Pekin en Chine le 5 mars 2018.  (NICOLAS ASFOURI / AFP)

"Dans mon journal, on ne touche pas ce qui concerne les entreprises d’État", a déploré à franceinfo une journaliste chinoise qui souhaite rester anonyme. Alors que la journée mondiale de la liberté de la presse 2019 est célébrée vendredi 3 mai avec une centaine d’évènements dans le monde, la Chine continue de baisser au classement mondial de la liberté de la presse. Pékin est désormais classé 177e sur 180e, juste devant l'Érythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan. 

Censure dans les rédactions  

Être journaliste en Chine est de plus en plus compliqué au fil des années. La surveillance par des moyens technologiques sophistiqués rend la tâche difficile. C’est encore plus vrai pour les journalistes chinois qui font face à la censure au sein des rédactions.

Reporters Sans frontières appelle les autorités chinoises à faire la lumière sur le suicide, il y a six mois, d’une ancienne rédactrice en chef d’une publication du Quotidien du Peuple, l'organe de presse du pouvoir. Une jeune journaliste chinoise qui travaille dans un magazine économique a accepté de parler de son quotidien, anonymement. "Le contrôle est de plus en plus serré.  Les sujets qu’on traitait l’an dernier, il n’est plus possible d’en parler cette année. Ce genre de censure est  possible aussi d’un mois sur l’autre", explique-t-elle. 

Notre pays est une dictature. La liberté est limitée dans tous les domaines. Je ne suis pas surprise de cette 177ème place. Je pense que ce classement reflète objectivement la situation de la liberté de la presse aujourd'hui en ChineUne journaliste chinoiseà franceinfo

Cette journaliste raconte qu'en chine la société Tencent, spécialisée dans les nouvelles technologies, a créé Wechat, l’équivalent de Whatsapp. "Il a été mis en place une restriction sur la publication d’articles de journaux financiers, ce qui prouve qu'il y a un tour de vis général sur tout ce qui touche à l’information", rajoute-t-elle. 

Il est aussi impossible pour les journalistes chinois de traiter les sujets sensibles concernant les dirigeants du pays. La pression s’est accentuée depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012.