La Chine ouvre une enquête après l'annonce de la conception de bébés génétiquement modifiés

He Jiankui, professeur à l'université à Shenzhen, assure dans une vidéo YouTube qu'il a modifié l'ADN de deux jumelles afin de les rendre résistantes au virus du sida.

Le scientifique chinois He Jiankui, lors d\'un entretien dans un laboratoire à Shenzhen, le 10 octobre 2018. 
Le scientifique chinois He Jiankui, lors d'un entretien dans un laboratoire à Shenzhen, le 10 octobre 2018.  (MARK SCHIEFELBEIN / AP / SIPA)

Un scientifique chinois a-t-il aidé à la conception des premiers bébés génétiquement modifiés au monde ? La Chine a ouvert une enquête, lundi 26 novembre, afin de vérifier les affirmations du chercheur He Jianku. Une annonce décrite par de nombreux chercheurs comme "une folie".

He Jiankui, professeur d'université à Shenzhen, a annoncé dans une vidéo diffusée sur YouTube la naissance "il y a quelques semaines" de deux jumelles dont l'ADN a été modifié, afin de les rendre résistantes au virus du sida.

"Nous avons demandé aux autorités sanitaires de la province du Guangdong d'ouvrir immédiatement une enquête minutieuse afin d'établir les faits", a réagi lundi soir la Commission nationale de la santé, disant "attacher une grande importance" à l'affaire.

Un chercheur désavoué par sa propre université

L'annonce de He Jiankui a soulevé une vague de vives critiques dans la communauté scientifique mondiale, y compris au sein de l'établissement du chercheur. L'université de Shenzhen l'a désavoué et s'est dite "profondément choquée" par cette annonce.

Cette première médicale auto-proclamée n'a pas été vérifiée de façon indépendante et n'a pas fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique. Plus de 100 scientifiques chinois ont déploré dans un communiqué une "folie" qui porte "un grand coup à la réputation mondiale et au développement de la recherche biomédicale en Chine".