Il y a 40 ans mourait Mao Zedong

9 septembre 1976, la Chine s’arrête, pétrifiée et incrédule. Mao vient de mourir à l’âge de 82 ans. Depuis 1949, Mao dirigeait la Chine d’une main de fer. Sa longue carrière politique semblait ne devoir jamais finir. Même la maladie n'arrivait pas à affaiblir son pouvoir. Mao, le mythe s'est éteint, la vérité va bientôt apparaître.

Portrait de Mao
Portrait de Mao (NICOLAS ASFOURI / AFP)

Le culte de la personnalité est passé par là. Officiellement ce 9 septembre 1976, tout le pays pleure son grand homme, celui qui a transformé le pays. L’heure n’est pas encore au bilan. Deng Xiaoping ne prendra la tête du parti qu’en juin 1977. Donc Mao est toujours le Grand timonier.
 
Chen Yun, vice-président du PCC écarté du parti en 1966 et réhabilité par Deng, aura cette formule cruelle: «Si Mao était mort en 1956, ses réalisations auraient été immortelles. S'il était mort en 1966, il aurait été un grand homme. Mais il est mort en 1976. Hélas, que peut-on dire?»


1956, 1966, deux dates qui marquent la dérive de la doctrine maoïste. Avec le Grand bond en avant, Mao veut engager son pays sur les voies du développement économique. L’exemple soviétique, urbain et industriel est abandonné. Dans une Chine encore essentiellement rurale, le monde agricole va payer le plus lourd tribut. Collectivisation des terres, réforme des structures du pays, création de communes populaires. Des pratiques agraires absurdes, l’emploi d’une main d’œuvre détournée des travaux des champs vont conduire à une immense famine et à des millions de morts
 

En 1966, ce sera la Révolution culturelle. La plus grande épuration politique de l’Histoire. Mao devient l’objet d’un culte de la personnalité délirant, soutenu par les Gardes rouges, jeunes et zèlés. Les «révisionnistes» sont pourchassés sans relâche. Le bilan humain est difficile à évaluer, entre 750.000 et 4 millions de Chinois auraient trouvé la mort.