"On reste pour se battre" : à Hong Kong, le campus de Polytechnique est le dernier bastion de la protestation

Ce campus assiégé par la police est devenu la principale base arrière de la contestation pro-démocratie.

Un étudiant de l\'université polytechnique de Hong Kong, dimanche 17 novembre.
Un étudiant de l'université polytechnique de Hong Kong, dimanche 17 novembre. (ANTHONY WALLACE / AFP)

La nuit est tombée à Hong Kong, dimanche 17 novembre. Des barrières de fortune faites de morceaux de fer, barrent l’accès à l'université polytechnique. Des pierres, des briques jonchent le sol pour empêcher les véhicules de police de pénétrer. "PolyU", cerné par la police anti-émeute, est le dernier bastion de la contestation. Au crépuscule, la police a tenté de reprendre le contrôle d'un pont près du campus. Un véhicule blindé de la police a été incendié par un barrage de cocktails Molotov.

Sur les réseaux sociaux, les appels à venir en aide aux étudiants de l'université se multiplient, dans la crainte d'un assaut imminent. A l’intérieur du campus, des centaines jeunes habillés en noir, protégés par des imperméables transparents, masques à gaz sur le visage, armés de parapluies et de cocktail Molotov, attendent une nouvelle intervention de la police. Ils refusent de partir malgré les injonctions. "Je suis un contestataire, explique cet étudiant. Je reste là pour protéger notre campus de PolyU. Les policiers ont amené un canon à eau. Ils nous appellent à partir. La nuit dernière la police a tiré beaucoup de gaz lacrymogènes pour qu’on parte. Non ! On reste pour se battre."

L'incompréhension de certains riverains

Autour du campus, des véhicules de la police anti-émeute, sont déployés. Les habitants du quartier sont là et surveillent ce qui se passe. Deux femmes s’approchent pour apporter des vivres. "On apporte de quoi manger et boire, des bouteilles, des médicaments, de la nourriture. Tout ce qui peut les aider. On fait ce qu'on peut pour les soutenir."

Un pasteur, arrivé de New York, fait une déclaration. "Je suis un pasteur, j’aime Jésus, et je suis là pour dire au monde entier que l'Amérique soutient les Hongkongais pour la liberté, la démocratie et les droits de l’homme, et aussi pour voir si je peux parler à la police. Je suis là pour protéger la démocratie et la liberté."

Dans la foule, un homme pro Pékin hurle. "Fucking USA ! Rentre chez toi !" Il est immédiatement insulté par les gens du quartier. Un vieux monsieur proteste : "À Hong Kong, on est bien élevés !" La tension est vive sur le campus mais aussi parmi les habitants qui, après 5 mois de crise, sont divisés. Dimanche matin, un policier a été blessé au mollet par une flèche tirée par un manifestant lors de violents heurts autour du campus. Et un peu plus tard, des militants avaient fait échouer une tentative de la police de pénétrer sur le campus, tirant des pierres depuis une catapulte depuis le toit de PolyU.