Amnesty fustige l'usage excessif de la force par la police hongkongaise

L'ONG pointe des "tactiques incensées et illégales", parlant même de certains cas de "torture".  

Des policiers hongkongais lors d\'une manifestation le 31 août 2019. 
Des policiers hongkongais lors d'une manifestation le 31 août 2019.  (ANTHONY WALLACE / AFP)

Une police hongkongaise nourrie par la "soif de représailles". Amnesty International a accusé vendredi 20 septembre la police hongkongaise d'un recours excessif à la force contre les manifestants. L'ONG dénonce notamment des "tactiques insensées et illégales" et des cas de "torture".

Ce rapport alarmant se fonde sur des entretiens avec une vingtaine de manifestants, dont certains furent hospitalisés après leur arrestation. L'organisation de défense des droits de l'Homme affirme que les policiers de l'ex-colonie britannique dépassent régulièrement les niveaux de force tolérés par les législations locales ou les normes internationales.

"Dans une apparente soif de représailles, les forces de sécurité hongkongaises montrent une tendance inquiétante à l'utilisation de tactiques incensées et illégales contre la population pendant les manifestations", a déclaré Nicholas Bequelin, directeur d'Amnesty pour l'Asie orientale."Elles incluent les arrestations arbitraires et les violences de rétorsion contre les personnes en détention, dont certaines relèvent de la torture." 

La police hongkongaise nie les accusations 

L'association et les manifestants appelle à la création d'une commission d'enquête indépendante sur les pratiques policières. Pour l'instant, l'exécutif hongkongais s'y est toujours refusé. Dans un communiqué publié vendredi en réponse aux conclusions d'Amnesty, la police hongkongaise a affirmé que ses agents "font toujours preuve d'un haut niveau de retenue dans l'usage de la force." La police refuse également de réagir à des accusations spécifiques du le rapport et a martelé "ne pas faire de commentaires sur les cas individuels". Elle a en revanche invité les personnes se disant victimes de violences à saisir l'inspection générale de la police.

L'ex-colonie britannique traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à la Chine. Le climat social est extrêmement tendu, avec des actions et des manifestations quasi quotidiennes dénonçant le recul des libertés et la mainmise grandissante de Pékin dans les affaires hongkongaises. Ces rassemblements ont souvent dégénéré en graves violences entre forces de l'ordre et radicaux. Ces derniers n'hésitent pas à jeter des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers qui, épaulés par les canons à eau, ont fait un usage massif des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.