Google tente de revenir en Chine avec un moteur de recherche adapté à la censure

Le géant du web vise le marché du web le plus important au monde. 

Le logo Google à Pékin, en Chine, le 3 août 2018. 
Le logo Google à Pékin, en Chine, le 3 août 2018.  (ROMAN PILIPEY / EPA)

La Chine compte aujourd'hui 772 millions d'internautes. C'est de loin le premier marché internet du monde, mais Google, Facebook, Twitter, et beaucoup de médias y sont bloqués. Le géant Google tenterait de faire retour dans le pays asiatique, mais il faut remplir d'abord une condition : accepter la censure. 

Il y a huit ans, Google quittait la Chine 

Rien ne dit que Google réussira son retour en Chine, l'entreprise devra d'abord convaincre les autorités chinoises. C'est loin d'être gagné, puisque Google a déjà fait des tentatives de retour avec Google play notamment, et ça n'a pas marché jusqu'à maintenant. Même chose pour Facebook, toujours bloqué, malgré la cour assidue de son patron Mark Zuckerberg aux dirigeants chinois.

Il y a huit ans, après avoir découvert que des hackers chinois avaient piraté ses serveurs, ce qui a mis en danger les communications privées de ses utilisateurs, Google décidait de quitter la Chine, critiquant au passage, la censure du web chinois. Mais aujourd'hui, les choses semblent changer. Mercredi 1er août, The Intercept, un média américain, a révélé que l'entreprise travaille en secret à deux applications pour la Chine. Il s'agit d'un moteur de recherche et un agrégateur d’informations.

Un retour en acceptant la censure ?  

Mais pour travailler en Chine, les deux applications devront intégrer des moyens de censurer les résultats. Par exemple, une requête sur un sujet comme Tian'anmen, sur Google Chine, emmènerait vers le tombeau de Mao Zedong ou la cité interdite qui s’y trouvent. Mais surtout rien sur le massacre des étudiants de 1989.

C’est ce qui inquiète les défenseurs des droits de l’homme, mais aussi une partie des employés de Google. Depuis l’annonce du projet, les forums internes du géant du web bourdonnent de critiques contre la direction.