Explosions à Tianjin : le site renfermait des centaines de tonnes de cyanure

La catastrophe a fait 112 morts, selon un nouveau bilan communiqué dimanche à 5 heures du matin par les autorités.

Un pompier sur le site des explosions de Tianjin (Chine), le 13 août 2015.
Un pompier sur le site des explosions de Tianjin (Chine), le 13 août 2015. (SHEN BOHAN / XINHUA)

C'est la première confirmation officielle. L'armée chinoise a annoncé dimanche 16 août que des centaines de tonnes de cyanure hautement toxique étaient entreposées sur le site des puissantes déflagrations survenues mercredi dans la métropole portuaire de Tianjin, dans l'est de la Chine.

Le général Shi Luze, chef d'état-major de la région militaire de Pékin, a déclaré lors d'une conférence de presse que du cyanure avait été identifié en deux endroits du site où se sont produites les explosions. "D'après les estimations préliminaires, le volume atteignait plusieurs centaines de tonnes", a-t-il dit.

Un gaz "hautement toxique asphyxiant"

Le général Shi n'a pas précisé de quel type de cyanure il s'agissait mais les médias chinois avait parlé auparavant de la présence de 700 tonnes de cyanure de sodium. Ce composant, qui se présente sous forme de poudre cristalline, peut sous certaines conditions libérer du cyanure d'hydrogène, un "gaz hautement toxique asphyxiant qui agit sur la capacité de l'organisme à utiliser l'oxygène" et peut être "rapidement mortel" selon le Centre américain pour le contrôle des maladies.

Les autorités chinoises n'ont eu de cesse de tenter de rassurer les habitants, assurant qu'en dépit de la présence de taux anormaux de certains polluants, l'air de Tianjin était respirable. Ce qui n'a pas empêché l'agence Chine Nouvelle d'indiquer que la densité de cyanure dans les eaux usées était jeudi 10,9 fois supérieure à la normale. Ce taux a depuis baissé pour s'établir à deux fois le taux normal.

Greenpeace a expliqué dimanche avoir testé les eaux de surface en quatre endroits de Tianjin mais que les niveaux de cyanure n'étaient pas élevés. "Cela montre que les réserves d'eau ne sont pas gravement contaminées", a dit l'association de défense de l'environnement. Greenpeace a souligné que ces tests ne révélaient rien sur la présence ou non d'autres produits dangereux et a renouvelé son appel à des tests exhaustifs de l'air et de l'eau, dont les résultats, a-t-elle dit, doivent être rendus publics. La catastrophe a fait 112 morts et 95 disparus, selon un nouveau bilan communiqué dimanche à 5h du matin par les autorités.