Des ONG portent plainte en France contre quatre multinationales de l'habillement, accusées de recourir au travail forcé de Ouïghours

Uniqlo France, du groupe japonais Fast Retailing, mais aussi les sociétés Inditex (qui détient les marques Zara, Bershka, Massimo Duti), SMCP (Sandro, Maje, de Fursac...) et le chausseur de sport Skechers sont visés par cette plainte.

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Une manifestation de soutiens aux Ouïghours organisée à Paris, le 14 mars 2021. (JEROME LEBLOIS / HANS LUCAS / AFP)

Des géants de l'habillement, tels que les propriétaires des marques Zara, Uniqlo, Sandro ou Skechers, profitent-ils du travail forcé de Ouïghours en Chine ? Des ONG portent plainte en France contre quatre multinationales qu'elles accusent de "recel de travail forcé et de crimes contre l'humanité", a-t-on appris dans un communiqué vendredi 9 avril.

Uniqlo France, du groupe japonais Fast Retailing, mais aussi les sociétés Inditex (qui détient les marques Zara, Bershka, Massimo Duti), SMCP (Sandro, Maje, de Fursac...) et le chausseur de sport Skechers sont visés par cette plainte. La procédure a été lancée à Paris par l'association anticorruption Sherpa, le collectif Ethique sur l'étiquette, l'Institut ouïghour d'Europe (IODE) ainsi qu'une Ouïghoure ayant été internée dans la province du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

Les ONG pointent le rôle des sous-traitants 

La plainte, déposée en France par l'avocat William Bourdon, s'appuie principalement sur un rapport publié en mars 2020 par l'ONG australienne ASPI (Australian Strategic Policy Institute) pour étayer les soupçons de commercialisation de vêtements ou de chaussures fabriqués en totalité, ou en partie, dans des usines où des Ouïghours sont soumis au travail forcé.

Les associations estiment aussi que les sociétés visées ne justifient pas d'efforts suffisants pour s'assurer que leurs sous-traitants ne sont pas impliqués dans les persécutions des Ouïghours. Dans le détail, les plaignants suggèrent à la justice de qualifier ces faits de "recel de crime de réduction en servitude aggravée", "recel de crime de traite des êtres humains en bande organisée" ou encore "recel de crime de génocide et de crime contre l'humanité".

Sujet de confrontation entre l'Occident et la Chine

Le sort de cette minorité, principalement musulmane, de langue turcique et qui représente un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang, est l'objet d'une confrontation de plus en plus vive entre l'Occident et la Chine.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, évoquent un "génocide" et des ONG accusent Pékin d'avoir interné, depuis 2017, plus d'un million d'entre eux dans des centres de rééducation politique. Le régime communiste dément ce chiffre et assure qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle" destinés à éloigner les Ouïghours de l'islamisme et du séparatisme, après une série d'attentats qui leur ont été attribués.

Plusieurs entreprises de prêt-à-porter comme le Japonais Uniqlo, le Suédois H&M, l'Américain Nike ou l'Allemand Adidas se sont engagées l'an passé à boycotter le coton du Xinjiang, et sont en retour visées par des appels au boycott en Chine.

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