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Centrafrique : la France n'est pas là pour "protéger un régime" (Hollande)

Alors que les rebelles se présentent en maîtres du pays, la France, les États-Unis et l'ONU prennent des mesures de sécurité. La France que le gouvernement centrafricain appelle à la rescousse. Réponse de François Hollande : la France n'est pas là pour "protéger un régime" mais ses ressortissants et ses intérêts.
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Radio France
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 (Reuters)

La France prise entre deux feux à Bangui, la capitale centrafricaine. D'un côté, elle se voit contrainte de "sécuriser" son ambassade après que des manifestants ont lancé des projectiles sur l'édifice et déchiré le drapeau français ce mercredi - une trentaine de soldats ont été mobilisés, selon le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian. De l'autre, elle se voit appelée à l'aide par le gouvernement centrafricain. Un appel lancé dans un communiqué pour aider au dialogue entre le pouvoir et la coalition rebelle du Séléka. 

> Relire Centrafrique : l'ambassade de France, cible des manifestants

François Hollande, à l'occasion d'une visite surprise à Rungis ce jeudi matin, a pourtant rétorqué aux autorités centrafricaines que la présence militaire française n'était pas destinée à "protéger un régime " mais à "protéger les ressortissants et intérêts français, et en aucune façon à intervenir dans les affaires intérieures d'un pays. Ce temps-là est terminé ". 

C'est que le pouvoir centrafricain est aux abois, après deux semaines d'offensive de la rébellion. Celle-ci s'est emparée facilement de plusieurs grandes villes du pays. Et les renforts tchadiens qui campent aux portes de Bangui semblent être désormais le seul et dernier rempart contre cette avancée. Ce qui n'empêche pas les insurgés d'affirmer qu'ils ne comptent même pas "mener la bataille de Bangui, car , disent-ils, le président François Bozizé [...] a déjà perdu le contrôle du pays ". La force mutinationale d'Afrique centrale (la Fomac) annonce néanmoins ce jeudi envoyer de nouvelles troupes pour sécuriser la capitale.

Retrait "temporaire" des personnels de l'ONU

Face à la progression des rebelles, les manifestants mercredi ont dénoncé la passivité de la France, ancienne puissance coloniale. Ils ont aussi organisé un sit-in devant l'ambassade américaine. 

Outre les mesures de protection prises par la France, les États-Unis et Washington ont  annoncé le retrait "temporaire " de leurs employés jugés non indispensables. Et la compagnie Air France a fait faire un demi-tour à son vol hebdomadaire Paris-Bangui mercredi. Pourtant l'ambassdeur de France à Bangui, Serge Mucetti, minimise les incidents de mercredi. 

Diificile enfin de savoir quelle est la situation exacte et l'état des forces en présence. Si l'armée régulière, démotivée et sous-équipée, semble inapte à contenir l'avancée les rebelles du Séléka (Alliance en sango, la langue nationele), personne ne sait exactement quels sont les effectifs et la puissance de feu des insurgés. 

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