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Centrafrique : Bangui s'enflamme à nouveau

La tension règne de nouveau à Bangui en Centrafrique. Une mosquée a été saccagée ce jeudi au lendemain de l'attaque d'une église. Les habitants n'osent plus sortir de chez eux.
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Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Bangui s'enflamme de nouveau © Reuters/Goran Tomasevic)

Une mosquée de Bangui a été saccagée jeudi au lendemain de l'attaque d'une église de la capitale par des jeunes musulmans munis d'armes à feu. Selon les témoins, cette attaque a fait quinze morts rapportent des témoins. L'attaque de la mosquée du quartier de Lakouanga n'a pas fait de victime, l'édifice étant vide à ce moment-là.

Des jeunes gens issus des milices chrétiennes anti-balaka ont dressé des barricades à l'aide de pneus enflammés pour bloquer les rues où peu d'habitants s'aventurent, par crainte d'une nouvelle flambée de violences religieuses et de représailles contre les musulmans encore présents dans la ville.

Mandat aux soldats onusiens

Le Premier ministre André Nzapayéké a condamné l'attaque contre l'église et a donné mandat aux soldats onusiens de débarrasser la capitale de tous les éléments "criminels". "Certains criminels mutilent sauvagement les corps de leurs victimes tandis que d'autres ouvrent le feu sur des bâtiments religieux avec des armes lourdes et massacrent des citoyens pacifiques en détresse ", a-t-il dit.

Sébastien Wenezoui, un chef des anti-balaka, a accusé les forces internationales déployées en Centrafrique d'avoir abandonné l'église à ses assaillants, pointant en particulier les soldats burundais de la Misca. Il a également jugé que les soldats français de l'opération Sangaris n'avaient pas réagi assez vite :

"Ce qui nous blesse le plus est que la France est ici pour protéger la population civile. La Misca est ici aussi pour protéger la population mais quand nous avons appelé les Burundais, ils ne sont pas venus. "

Femmes et enfants visés

Un porte-parole de la Misca, Francis Che, a démenti que la force africaine ait réagi trop lentement, ajoutant qu'une enquête avait été ouverte. "Les gens doivent comprendre que nous les réprimerons et les traduirons devant la justice nationale ou internationale. Nous n'avons aucune tolérance pour les auteurs de ce genre d'acte" , a-t-il dit, précisant que la Misca et le contingent français avaient déjà procédé au démantèlement des barricades dressées sur les axes stratégiques de la capitale.

L'église était défendue par des miliciens anti-balaka mais les assaillants ont pénétré dans le bâtiment quand ces derniers se sont retrouvés à court de munitions, visant semble-t-il femmes et enfants, a déclaré le prêtre Jonas Bekas. "S'il n'y a pas de désarmement, ils attaqueront à nouveau ", a-t-il dit, tout en promettant de rester sur place en compagnie d'autres prêtres venus d'Ouganda, d'Ethiopie ou d'Italie pour tenter de protéger les civils. Quelque 5.000 chrétiens déplacés ont trouvé refuge dans l'église, a-t-il déclaré.

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