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Québec : quand la police se défroque

Les policiers québécois ont trouvé une façon colorée de contourner l'interdiction qui leur est faite de manifester. Depuis six mois, ils remplacent leur pantalon d'uniforme par un modèle pas réglementaire du tout. Après avoir remis leur uniforme un temps, le mouvement reprend de plus belle et fait même tache d'huile: employés municipaux et infirmières portent eux aussi des vêtements bariolés.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Policiers revêtant des pièces uniques créées pour l'occasion par la designer québécoise Lysanne Sabourin. (Lysanne Sabourin)

Comme les policiers de beaucoup de pays, les policiers québécois n'ont pas le droit de manifester. Lors de l'été 2014, ils se sont mobilisés contre un projet de loi visant à réformer leurs retraites. Pour signifier leur mécontentement, ils ont trouvé un moyen très original : troquer leur pantalon réglementaire d'uniforme contre tout ce qui existe de fantaisiste et coloré. Autre rajout : une casquette rouge vissée sur la tête. Une petite préférence pour le pantalon de camouflage émerge. Mais même le motif camouflage existe dans différents coloris...

Traduction : «Je me suis sentie en sécurité à côté d'un policier vêtu d'un pantalon de camouflage rose.»

Leur mouvement provoquant rigolade et sympathie, ils ont même faits des émules: au tour des chauffeurs de bus de couvrir leurs postérieurs d'habits peu conformes à leur uniforme. On a ainsi vu des chauffeur de bus en caleçons hawaiiens, d'autres en bermuda.


Malgré ce déploiement de couleurs, la réforme est passée. Le mouvement s'est un temps calmé, au soulagement des autorités qui estimaient que ces vêtements loufoques jetaient le discrédit sur la profession. Ils ont tous remis leur uniforme complet. Mais voilà, la colère les a repris et les (demi)-uniformes improbables ont refait leur apparition, à l'image de ces pantalons de pyjama pour le moins originaux...


Les récalcitrants avaient jusque là bénéficié d'un soutien assez généralisé, mais ils viennent de s'aliéner une partie de la population, et surtout de choquer le maire de Montréal, Denis Coderre, et le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard. En effet, plusieurs d'entre eux ont assuré le maintien de l'ordre des funérailles nationales de l'ancien ministre et Premier ministre Jacques Parizeau, avec leurs pantalons ridicules et peu respectueux des circonstances, leurs casquettes rouges vissées sur la tête.

Cet impair leur a valu une volée de bois vert, le Maire de Montréal envisageant de légiférer pour les obliger à porter un pantalon conforme.
«S'ils ne sont pas assez grands et qu'il faut les prendre par la main pour leur dire comment tu t'habilles quand il y a des funérailles d'État, alors à ce moment-là, ça nous prend une loi», dit le maire Denis Coderre. C'est le moment qu'ont choisi les infirmières d'un hôpital pour se mettre à leur tour au pantalon de camouflage rose... 


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