Canada: pourquoi le Premier ministre Justin Trudeau est-il si populaire?

Justin Trudeau, l'actuel Premier ministre canadien issu des rangs du parti libéral, atteint des records de popularité depuis son élection le 19 octobre 2015. 53% des Canadiens seraient en sa faveur, d'après l'institut canadien de sondages Nanos Research. Bilan de ses huit premiers mois de pouvoir, exercice auquel le Premier ministre s'est livré le 22 juin 2016.


Lors de sa campagne pour les élections fédérales d'octobre 2015, Justin Trudeau avait axé son projet sur l'économie et l'écologie avec, au premier plan, une baisse massive des impôts. «Notre plan, c'est d'augmenter les impôts pour 1% des Canadiens les plus nantis de 3 milliards de dollars pour les baisser de ce même 3 milliards pour les gens de la classe moyenne», expliquait-il ainsi quelques jours avant le scrutin.

La protection de l'environnement était aussi l'un des points importants de son programme électoral. «Il n'y a pas de divisions régionales en ce qui a trait aux désirs des Canadiens pour l'économie et l'environnement», a-t- il expliqué le 1er mars 2016 à Vancouver. Une allusion aux divisions qui peuvent naître entre le Québec francophone et les provinces anglophones.

Contrairement à son prédécesseur, Stephen Harper, qui s'était retiré du protocole de Kyoto en décembre 2011 sous prétexte que l'accord «ne fonctionnait pas», Justin Trudeau s'engage à préserver l'environnement à une échelle nationale et internationale.

L'actuel Premier ministre a participé aux négociations de la COP 21, sommet sur les changements climatiques mondiaux en décembre 2015, et a ensuite déclaré avec emphase: «Le Canada est de retour. Nous sommes là pour aider, signer un accord qui rendra nos enfants et petits-enfants fiers.»

Il entend fixer une taxe carbone d'ici à 2025 afin de réduire de 40 à 45% les émissions de méthane issues des secteurs pétrolier et gazier en proposant «une approche canadienne au danger climatique».

Annonces sociétales
«Je suis féministe et j'en suis fier», a clamé Justin Trudeau après sa prise de fonction le 19 octobre 2015, dont l'épouse, Sophie Grégoire-Trudeau, est une célèbre animatrice de télévision canadienne. Pour le prouver, il a constitué un Conseil des Ministres paritaire, composé de 5 hommes et 15 femmes.

Harjit Sajjan, homme politique sikh, a été nommé ministre de la Défense nationale tandis que Navdeep Bains, lui aussi de confession sikhe, occupe le poste de ministre de l'Innovation. Maryam Monsef, quant à elle, d'origine afghane, est ministre des Institutions démocratiques depuis novembre 2015.


L'actuel Premier ministre canadien a modifié l'hymne national du pays afin d'éliminer toute distinction de genre. Dans le même temps, Justin Trudeau a ouvert les frontières de son pays à plus de 15.000 réfugiés syriens en décembre 2015. Il a ainsi pris le contre-pied de son prédécesseur qui avait mis en place une régulation plus stricte de l'immigration syrienne en octobre.

«C'est une opportunité d'accueillir ces réfugiés et de leur offrir, à cœur ouvert, un avenir pour eux et pour leurs enfants», a-t- il expliqué le 11 décembre 2015 après avoir salué en personne un premier groupe de 150 migrants à l'aéroport de Toronto. Des personnes avec qui il a pris le temps de se faire photographier.


«L'égalité, c'est notre objectif»
Ancien enseignant dans le secondaire, le nouveau chef du gouvernement canadien a décidé de changer de carrière à l'âge de 44 ans, pour suivre les traces de son père, Pierre-Elliott Trudeau, ancien Premier ministre de 1980 à 1984. Ses admirateurs lui prêtent un grand sens du contact et le disent proche du citoyen moyen.

«L'égalité, c'est notre objectif, chaque Canadien, peu importe qui il est et d'où il vient mérite une chance réelle et équitable de réussir», a-t- il expliqué lors d'une célébration sikhe, la fête de Vaisakhi, à Ottawa, le 11 avril 2016. Dans le même temps, le chef du gouvernement aime se montrer devant les caméras lors d'évènements médiatiques comme la Gay Pride de Toronto le 28 juin 2015.


Et à l'international?
Justin Trudeau a rencontré le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, au siège de l'ONU à New York, le 16 mars 2016. Il espère ainsi obtenir un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité pour la période 2021-2022 et souhaite prendre part plus activement aux opérations pour le maintien de la paix.

Des sujets qui fâchent
Politiquement, le Premier ministre a fait un sans faute. Reste maintenant à aborder les sujets qui fâchent comme l'intégration du Québec dans la Constitution canadienne de 1982. Selon lui, il préfère résoudre des problèmes plus concrets comme le réchauffement climatique et la création d'emplois qui changeraient réellement la vie des citoyens canadiens.


Cependant, Philippe Couillard, Premier ministre québécois, ne l'entend pas de cette façon et critique l'indifférence de l'actuel Premier ministre canadien concernant la ratification de la Constitution par sa province. «Je ne connais pas de pays qui n'accepte pas de temps en temps de revoir ses fondements», a-t-il déclaré lors d'une de ses conférences en juin 2015.