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Canada: le gouvernement Trudeau demande pardon aux populations autochtones

Le Premier ministre canadien vient de présenter les excuses du gouvernement aux victimes d'une politique d'intégration forcée. Depuis la fin du 19e siècle, plus de 150.000 enfants sont passés par des pensionnats, loin de leur famille, en vue d'un formatage aussi bien culturel que cultuel. Dans ces lieux, ils ont subi tous les mauvais traitements, entraînant la mort de nombre d'entre eux.
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France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Ottawa (Canada), le 15 décembre 2015. Remise du rapport final de la Commission vérité et réconciliation, sur les dysfonctionnements des pensionnats autochtones.
On y voit Wilton Littlechild, Justice Murray Sinclair et  Marie Wilson président, vice présidente et rapporteur de la commission (REUTERS/Chris Wattie)

Géopolis vous en parlait il y a à peine un mois, les populations autochtones s'en plaignent depuis des décennies, le nouveau Premier ministre canadien, Justin Trudeau, l'a (enfin) fait.

Après avoir créé une commission d'enquête sur ces écoles-pensionnats appelés «pensionnats autochtones», il vient au vu du rapport final, de demander solennellement pardon aux personnes enrôlées de force dans ces institutions, où elles ont été victimes de toutes sortes de sévices.

Près de 150.000 enfants y sont passés, plus de 3.200 y sont morts, et il reste 80.000 survivants qui témoignent de la violence de ce qu'ils y ont subi. 

De multiples maltraitances
Des générations de populations natives (Améridiens, Inuits et métis) ont été obligées d'intégrer ces structures, créées à la fin du 19e siècle, loin de leur famille, avec l'interdiction de parler leur langue maternelle dans des conditions souvent très rudes. Les dotations économiques étant très faibles, ces enfants souffraient du froid, de la faim, de maladie (la tuberculose y régnait en maître) et étaient l'objet de multiples maltraitances. 

M.Trudeau s'est engagé à donner suite aux 94 «appels à l'action» lancés par la Commission de vérité et réconciliation qui a recueilli pendant six ans près de 7.000 témoignages d'anciens élèves.

De nombreux leaders autochtones estiment que la misère, l'alcoolisme, la violence conjugale et les taux de suicide élevés, très présents dans leurs communautés, sont en grande partie l'héritage de cette politique d'assimilation forcée à la société dominante.

Ce système scolaire, «à l'origine d'un des plus sombres chapitres de l'histoire canadienne, a eu un profond impact, durable et nuisible, sur la culture, le patrimoine et la langue des autochtones», a reconnu Justin Trudeau.

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