Face à la fronde, la présidente brésilienne promet un "grand pacte" pour les services publics

"Mon gouvernement écoute les voix démocratiques qui réclament le changement", a déclaré Dilma Rousseff dans une allocution solennelle à la nation.

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, prononce une allocution à la nation, le 21 juin 2013.
La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, prononce une allocution à la nation, le 21 juin 2013. (EVARISTO SA / AFP)

Une présidente à l'écoute mais ferme face à la fronde sociale. C'est le visage qu'a voulu donner la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, vendredi 21 juin, lors d'une allocution solennelle à la nation. 

"Je veux répéter que mon gouvernement écoute les voix démocratiques qui réclament le changement", a déclaré Dilma Rousseff dans une allocution solennelle à la nation, vingt-quatre heures après les manifestations émaillées de violences qui ont déversé 1,2 million de Brésiliens dans les rues.

La présidente brésilienne a annoncé qu'elle recevrait "les leaders des manifestations pacifiques, les représentants des organisations de jeunes, des syndicats, des mouvements de travailleurs, des associations populaires"."Nous avons besoin de leur contribution (...) de leur énergie et créativité, de leur pari sur l'avenir et de leur capacité à remettre en question les erreurs du passé et du présent", a-t-elle souligné.

Dilma Rousseff met en garde "une minorité violente"

"Je vais inviter les gouverneurs, les maires des principales villes, à former un grand pacte autour de l'amélioration des services publics", a dit la présidente. Elle a cité des "transports en commun de qualité à des tarifs justes", la santé, et l'éducation, en faveur de laquelle elle a réitéré son souhait de consacrer 100% des recettes pétrolières du pays, un projet paralysé par de forts blocages politiques.

Lors de cette intervention de dix minutes retransmise par les radios et télévisions du pays, la présidente a toutefois averti qu'elle ne tolèrerait pas qu'une "minorité violente et autoritaire salisse un mouvement démocratique et pacifique", en détruisant "le patrimoine public et privé".

Promettant que le Brésil allait réussir "une grande coupe du Monde de football", elle a répondu aux critiques des manifestants sur les dépenses colossales engagées pour l'organisation du Mondial l'an prochain. "Je veux préciser que l'argent dépensé pour les stades par le gouvernement sera dûment remboursé par les entreprises et les gouvernements des Etats qui les exploiteront" dans l'avenir, a-t-elle dit. "Je ne permettrai jamais que les deniers du gouvernement fédéral (...) négligent les secteurs prioritaires comme la santé et l'éducation."