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Barack Obama a annoncé mardi l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan d'ici l'été 2010

Après trois mois de consultations, le président des Etats-Unis a exposé sa stratégie dans un discours solennel à la nation devant les élèves officiers de l'académie militaire de West Point."J'ai établi qu'il était de notre intérêt national vital" d'envoyer des renforts, a-t-il dit en affirmant que cette escalade serait limitée dans le temps.
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Barack Obama pendant son discours à l'académie militaire de West Point (France 2)

Après trois mois de consultations, le président des Etats-Unis a exposé sa stratégie dans un discours solennel à la nation devant les élèves officiers de l'académie militaire de West Point.

"J'ai établi qu'il était de notre intérêt national vital" d'envoyer des renforts, a-t-il dit en affirmant que cette escalade serait limitée dans le temps.

"Au bout de 18 mois, nos troupes commencerons à rentrer au pays", soit à partir de juillet 2011, a-t-il promis. Une manière de ne pas prêter le flanc aux craintes d'enlisement et de rejeter avec force toute analogie entre cette guerre et le désastre du Vietnam.

"Les 30.000 soldats supplémentaires dont j'annonce l'envoi ce soir se déploieront dans la première partie de 2010 -au rythme le plus rapide possible- afin de s'en prendre à la rébellion et de sécuriser les grands centres de population", a souligné Barack Obama. Le contingent américain en Afghanistan va donc atteindre environ 100.000 hommes et femmes. Soit quasiment trois fois plus que lorsque M. Obama a pris ses fonctions en janvier, une concrétisation de sa promesse de recentrer sur ce pays l'effort détourné à ses yeux par la guerre en Irak.

Il s'agissait de la décision la plus attendue et peut-être la plus lourde de conséquences de la présidence de Barack Obama. Et ce alors que la guerre est de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis, huit ans après l'arrivée des troupes américaines à Kaboul. Ce calendrier accéléré a surpris certains experts du Pentagone qui tablaient plutôt sur un étalement des opérations de renforcement militaire sur une période de 12 à 18 mois.

Le locataire de la Maison blanche a fait valoir que ces renforts permettraient "d'accélérer le transfert des responsabilités aux forces afghanes". Il a souligné que l'engagement américain en Afghanistan n'était pas "illimité". Il n'a pas pour autant fixé de calendrier pour un retrait complet des troupes. "Comme nous l'avons fait en Irak, nous mettrons en oeuvre cette transition de manière responsable, en prenant en compte les conditions sur le terrain", a-t-il dit.

Appel au Pakistan
Barack Obama a lancé un avertissement particulièrement musclé au président afghan Hamid Karzaï, dont la réélection a été entachée de fraudes et dont le gouvernement est accusé de corruption. "L'époque du chèque en blanc est révolue", a-t-il asséné, ajoutant que "nous allons clairement expliquer ce que nous attendons de la part de ceux que nous aidons".

Le président américain a mentionné l'importance d'un "partenariat efficace" avec le Pakistan, l'un des trois "éléments-clés" de sa stratégie militaire. "Nous allons agir en étant parfaitement conscients que notre succès en Afghanistan est lié inextricablement à notre partenariat avec le Pakistan", en butte aux extrémistes et où la hiérarchie d'Al-Qaïda se cache selon toute vraisemblance, a-t-il scandé.

Réactions
Pour les talibans, l'arrivée de nouveaux militaires américains va renforcer la résistance des insurgés.

Le président français Nicolas Sarkozy a salué le discours "courageux, déterminé et lucide" de Barack Obama sans exclure formellement l'envoi de possible renforts.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a bon espoir que les alliés des Etats-Unis "consentent à une forte augmentation de leur forte augmentation de leur contribution" après la déclaration de Barack Obama. "J'attends au moins 5000 soldats supplémentaires", a-t-il dit mercredi.

Le commandant des forces américaines et de l'OTAN en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, a salué cette annonce, estimant qu'elle lui fournissait les "ressources" nécessaires pour mener à bien sa mission. Le général Stanley McChrystal avait ouvertement réclamé 40.000 soldats supplémentaires.

L'Italie va répondre favorablement à la demande de Barack Obama en envoyant des troupes supplémentaires en Afghanistan.

L'Allemagne a annoncé qu'elle ne prendrait aucune décision sur l'envoi de troupes supplémentaires avant fin janvier.

Le Japon s'est "félicité" de l'annonce de renforts américains et réaffirmé son engagement à "offrir 5 milliards de dollars d'aide" non militaire.

L'Australie a elle aussi salué les renforts mais confirmé que son pays "n'avait pas l'intention d'envoyer" des troupes supplémentaires en Afghanistan.

Le gouvernement afghan a "salué cette nouvelle stratégie".

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