Ce que l'on sait de la catastrophe au Bangladesh

L'effondrement d'un immeuble a fait au moins 376 morts, essentiellement des ouvriers de l'industrie textiles. De grandes marques de prêt-à-porter comme Mango et Benetton sont citées. 

Le 28 avril 2013, un homme brandit la photo de ses proches devant l\'immeuble abritant des ateliers textiles qui s\'est effrondré près de Dacca au Bangladesh.
Le 28 avril 2013, un homme brandit la photo de ses proches devant l'immeuble abritant des ateliers textiles qui s'est effrondré près de Dacca au Bangladesh. (MUNIR UZ ZAMAN / AFP)

Au moins 376 personnes sont mortes et 1 200 ont été blessées dans l'effondrement d'un immeuble de huit étages près de Dacca, la capitale du Bangladesh, mercredi 24 avril. Trois jours plus tard, le propriétaire de l'immeuble, a été arrêté alors qu'il tentait de fuir vers l'Inde voisine. Et les noms de quelques grandes marques européennes du prêt-à-porter ont commencé à sortir parmi les employeurs des ateliers textiles hébergés dans l'immeuble. Francetv info fait le point. 

 Le pire accident dans l'histoire industrielle du Bangladesh

Selon un bilan encore provisoire, la catastrophe a fait au moins 376 morts, plus de 1 200 blessés et un nombre inconnu de disparus coincés sous les gravats. Si, deux jours après le drame, près de cinquante survivants ont été repérés dans les ruines du Rana Plaza, les secours avaient quasiment perdu tout espoir, dimanche, de trouver des survivants dans les décombres du bâtiment.

Des rescapés ont raconté que des ouvriers travaillant au sein du bâtiment s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures dans les murs de l'immeuble, mais leurs employeurs les ont forcés à embaucher mercredi, ignorant leurs mises en garde. Ce drame relance la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile, qui emploie près de 3,6 millions d'ouvriers, ce qui fait de ce pays le deuxième exportateur de vêtements au monde, derrière la Chine.

Le propriétaire arrêté à la frontière

Il était recherché depuis le jour du drame. Le propriétaire du bâtiment qui s'est effondré comme un chateau de cartes a été arrêté, dimanche 28 avril. Sohel Rana, un entrepreneur membre du parti au pouvoir, est soupçonné d'avoir enfreint le code de la construction du pays. Le directeur de l'unité d'élite de la police a raconté qu'il avait été arrêté à la frontière avec l'Inde et ramené à Dacca en hélicoptère. "Il sera jugé", a de son côté assuré le vice-ministre de l'Intérieur Shamsul Haque Tuku.

Par ailleurs, trois propriétaires d'ateliers présents dans le Rana Plaza de Savar avaient été arrêtés samedi pour répondre d'"homicide par négligence". Un quatrième est recherché, il s'agit de l'Espagnol David Mayor, le directeur général de Phantom-Tac, installée sur plus de 2 000 m2 dans l'immeuble effondré.

Des marques occidentales citées parmis les employeurs

 

L'immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers du Rana Plaza. Cependant, un photographe de l'AFP a pris, dimanche, des clichés de chemises bleues étiquetées "United Colors of Benetton" là où un sous-traitant, qui cite Benetton au nombre de ses clients sur son site internet, avait ses ateliers. Pourtant, la marque italienne avait affirmé après l'accident que "les gens concernés dans l'effondrement de l'atelier au Bangladesh n'étaient pas des fournisseurs de Benetton".

Par ailleurs, l'AFP a trouvé sur le site des étiquettes destinées à la marque américaine de prêt-à-porter féminins Cato. Le groupe de défense des ouvriers du textile, Clean Clothes Campaign, basé à Amsterdam, avait déjà affirmé que des étiquettes de la marque européenne C&A avaient été retrouvées. De son côté la marque affirme ne plus avoir de lien avec un fabricant du Rana Plaza depuis octobre 2011. Enfin, selon l'ONG Clean Clothes Campaign, le britannique Bon Marché, l'espagnol Corte Inglès et le canadien Joe Fresh ont confirmé leurs liens avec les ateliers du Rana Plaza.

La catastrophe a relancé la polémique sur les conditions de travail dans ce secteur, qui emploie essentiellement des femmes travaillant pour moins de 40 dollars par mois pour des marques occidentales, et a attisé la colère des ouvriers qui ont obligé les usines à fermer.