B. Obama et une quarantaine d'élus de tous bords ont commencé à débattre jeudi de l'assurance maladie à la télévision

Le locataire de la Maison blanche et ses interlocuteurs ont dû souvent constater leurs désaccords sur le dossier.D'emblée, Barack Obama a dit espérer que ce débat télévisé ne constituerait pas un "spectacle politique", tout en déplorant que "la politique (ait) fini par l'emporter sur le bon sens" dans ce dossier.

Le président Obama intervenant lors du débat télévisuel entre démocrates et républicains à Washington
Le président Obama intervenant lors du débat télévisuel entre démocrates et républicains à Washington (AFP PHOTO - Saul LOEB)

Le locataire de la Maison blanche et ses interlocuteurs ont dû souvent constater leurs désaccords sur le dossier.

D'emblée, Barack Obama a dit espérer que ce débat télévisé ne constituerait pas un "spectacle politique", tout en déplorant que "la politique (ait) fini par l'emporter sur le bon sens" dans ce dossier.

Le débat est prévu pour durer au moins six heures.

Rappelant les souffrances des Américains qui ne bénéficient pas de couverture maladie ou se voient refuser des remboursements par des sociétés d'assurance, il a pressé les élus de s'intéresser à leurs points de convergence.

Des tensions sont toutefois rapidement apparues au grand jour, avec en particulier une passe d'armes entre Barack Obama et son concurrent malheureux lors de l'élection de 2008, John McCain. "Nous ne sommes plus en campagne", a lancé le président après que le sénateur de l'Arizona lui eut fait remarquer que "les Américains sont en colère" dans la mesure où "nous leur avions promis du changement à Washington".

Le chef des démocrates au Sénat, Harry Reid, avait auparavant affirmé que les républicains ont le droit de s'opposer au projet de loi sur l'assurance maladie mais ont aussi le devoir de "proposer des idées pour améliorer le système". Un propos interprété comme un signe de crispation dans un Congrès où la coopération entre républicains et démocrates a été rare depuis l'investiture de l'administration démocrate.

Le président des Etats-Unis, qui a divulgué lundi sa propre version du projet visant à couvrir "31 millions" d'Américains supplémentaires, a pris le contrôle du débat de jeudi, donnant la parole aux différents intervenants et tentant de cadrer la longueur de leurs interventions, dans un rare exercice public.

Face aux critiques sur l'opacité des négociations et vu le succès de relations publiques enregistré par Barack Obama lors d'un débat avec des élus républicains le 29 janvier, la Maison blanche a souhaité que la discussion sur l'assurance maladie soit retransmis
à la télévision. Les républicains ont accepté de venir et de négocier de "bonne foi". Mais le succès de cette initiative télévisuelle est pour le moins incertaine à moins de neuf mois d'élections législatives où les conservateurs espèrent d'importants gains en sièges.

Les élus démocrates ont évoqué au grand jour une stratégie en cas d'échec du sommet.
Il s'agirait d'avoir recours à une procédure exceptionnelle, dite de "réconciliation", qui permettrait de faire passer la réforme en force au Sénat via un vote à la majorité simple, en s'affranchissant de toute tentative de blocage. Elle est toutefois réservée aux projets relatifs aux dépenses de l'Etat, ce qui limiterait la portée du plan.

Le sénateur républicain Lamar Alexander a exhorté les démocrates à renoncer à cette manoeuvre. "Il faut renoncer à faire passer (le projet) en force unilatéralement", a-t-il déclaré. Dans le cas contraire, "tout ce que nous faisons aujourd'hui n'a aucune pertinence", a-t-il ajouté.

Barack Obama a promis de réformer un dispositif coûteux, porteur de lourds déficits et laissant des dizaines de millions d'Américains sans couverture. Mais il a dû réviser sa stratégie après la perte par ses alliés de leur majorité qualifiée au Sénat le 19 janvier, lors d'une élection partielle. Les sénateurs venaient d'adopter leur version de la réforme après la Chambre des représentants. Les deux textes devaient encore être réunis. Un objectif devenu irréalisable vu l'intransigeance des élus républicains dotés d'une minorité de blocage.