Au moins 41 personnes ont été tuées dans l'effondrement d'un minaret d'une mosquée historique de Meknès

76 personnes ont été blessées dans la catastrophe, qui s'est produite au moment de la grande prière du vendredi, selon le bilan officiel.La catastrophe est sans doute due aux pluies diluviennes des derniers jours au Maroc.Le parquet a décidé dimanche d'ouvrir une enquête.

Les décombres d\'un minaret de Meknès (Maroc), qui s\'est effondré, le 19 février 2010
Les décombres d'un minaret de Meknès (Maroc), qui s'est effondré, le 19 février 2010 (F2)

76 personnes ont été blessées dans la catastrophe, qui s'est produite au moment de la grande prière du vendredi, selon le bilan officiel.
La catastrophe est sans doute due aux pluies diluviennes des derniers jours au Maroc.

Le parquet a décidé dimanche d'ouvrir une enquête.

Le périmètre de ce lieu de culte vieux de plusieurs siècles, situé dans la médina de Meknès (à environ 140 km à l'est de Rabat), était entièrement bouclé par les forces de l'ordre, qui empêchaient les curieux d'approcher.

Les autorités craignaient que des murs encore debout ne s'effondrent et l'accès au site était interdit.

Les causes de l'effondrement n'ont pas été officiellement précisées. Il pourrait être dû aux fortes pluies qui sont tombées sur la région ces derniers semaines. Plusieurs personnes ont péri dans des crues d'oueds (rivières en arabe), et des inondations ont détruit des cultures.

Les sauveteurs devaient travailler à la main, en raison de l'étroitesse des ruelles dans la vieille ville. De nombreuses ONG ont participé aux travaux de déblaiement, aux côtés des personnels de la protection civile et des pompiers.

Des habitants du quartier, Tizimi, ont dénoncé la passivité des autorités locales qui n'auraient pas, selon eux, accordé assez d'attention à l'état de délabrement du bâtiment.

Younès Chaker, un militant associatif, a affirmé à l'AFP que le minaret avait une inclinaison de 10 pour cent depuis déjà quelque temps et qu'une étude municipale avait recensé quelque 520 bâtiments à rénover impérativement, dont la mosquée Bab Berdieyinne. "Où est passé le budget prévu pour ces travaux ?", a-t-il demandé. "Les autorités locales n'ont pas écouté les gens, a pour sa part déclaré Imad Nabali, un habitant du quartier. A quoi servent nos élus ?"

Comme en réponse à ces interrogations, Mohammed VI a ordonné samedi une "expertise urgente" de toutes les anciennes mosquées dans les différentes préfectures et provinces du royaume, a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Le roi a par ailleurs demandé au gouvernement de procéder dans les "meilleurs délais" à la reconstruction de la mosquée Bardiyine, un monument historique ancien de plusieurs siècles, en veillant à la "préservation de son architecture originelle". Selon la délégation régionale des Affaires islamiques, une grande partie de la mosquée était construite en pisé et son minaret était l'un des plus élevés de Meknès.

La mosquée a été construite au XVIIIe siècle, sur proposition de Khnata Bent Bakkar, première femme ministre du Maroc, après la mort du sultan alaouite Moulay Ismael.

Sarkozy présente ses condoléances au roi du Maroc Mohamed VI
Le président Sarkozy a adressé samedi ses condoléances au roi du Maroc Mohamed VI après l'effondrement du minaret: "en cette tragique circonstance, j'adresse à votre majesté mes condoléances très attristées et lui transmets la sympathie de tous les Français, si profondément liés par l'amitié au peuple marocain".

La "communauté musulmane de France" est "très touchée" par le drame de Meknès a réagi samedi dans un communiqué le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.

"Il va sans dire que nous compatissons fraternellement à ce drame et présentons toutes nos condoléances aux familles des victimes et à tous les habitants de Meknès ", a-t-il ajouté.