Sandy Island et autres histoires d'îles fantômes

Cette île apparaissait sur plusieurs cartes maritimes dans le Pacifique sud, ainsi que sur Google Earth, jusqu'en début d'après-midi jeudi, mais n'existe pas. Et elle n'est pas la seule.

L\'île Sandy Island apparaît sur Google Earth, mais n\'existe pas, révèle une équipe de chercheurs australiens, le 22 novembre 2012.
L'île Sandy Island apparaît sur Google Earth, mais n'existe pas, révèle une équipe de chercheurs australiens, le 22 novembre 2012. (GOOGLE MAPS / FRANCETV INFO)

ASIE-PACIFIQUE – L'île est répertoriée par certains atlas mondiaux, mais elle n'existe pas. C'est ce qu'a indiqué, jeudi 22 novembre, une équipe de scientifiques australiens partis à la recherche de Sandy Island, une masse terrestre, lors d'une expédition géologique dans le Pacifique sud. En vain. Nos océans seraient-ils tachetés d'îles imaginaires ? Francetv info revient sur ces mystérieux bouts de terre fantômes, entre histoire et mythologie. 

Sandy, finalement rayée des cartes maritimes

"Nous voulions vérifier. Or les relevés indiquaient à cet endroit une profondeur de 1 400 mètres, soit une très grande profondeur", a indiqué Maria Seton, membre de l'équipe scientifique, à son retour de ce voyage en mer qui a duré vingt-cinq jours. "On a vérifié et il n'y a pas d'île. On est vraiment étonnés, c'est très bizarre", a-t-elle ajouté.

Et pour cause. Sandy Island était en effet visible sur l'atlas numérique Google Earth jusqu'en début d'après-midi. Elle a été effacée depuis, remplacée par un trait noir. Elle apparaissait alors dans la mer de Corail, à mi-chemin entre l'Australie et le territoire français de Nouvelle-Calédonie.  

Le Times Atlas of the World, un des atlas de référence, l'identifie pour sa part sous le nom de Sable Island. Enfin, des cartes maritimes utilisées par le Southern Surveyor, un navire de recherches scientifiques, signalent elles aussi cette île.

Le service hydrographique de la marine australienne, chargé de produire les cartes marines officielles, a indiqué que la présence de l'île sur certains atlas pourrait être due à une erreur humaine reproduite depuis des années.

Des îles "fantômes", entre plaisanterie et mythologie

La page Wikipédia de l'île de Podesta concède que sa présence sur le site Google Maps pourrait relever de "la plaisanterie". En 2009, le blog Iles lointaines de Courrier internationnal est revenu sur le mystère qui entoure cette île, effacée des cartes en 1935. La légende veut qu'un capitaine – au nom qui n'inspire pas confiance – Pinocchio l'ait découverte en 1879. Depuis, nul marin n'a posé pied sur ce bout de terre censé jaillir de l'océan Pacifique au large des côtes chiliennes. Le blog Iles lointaines évoque toutefois l'aventure du voilier le Kalliste, dont l'équipage a entretenu le mystère dans son carnet de bord en ligne, clamant avoir vu – et photographié – Podesta au cours d'un voyage en 2007. 

Telle le monstre du Loch Ness, "l’île de Podesta n’existe pas. Mais personne n’en est plus trop sûr", indique l'auteur du blog. Quant aux explorateurs de la mission "Pangea exploration", ils ont rapporté le 31 mars 2011 qu'ils se dirigeaient vers Podesta (lien en anglais). Puis plus un mot sur le prétendu îlot. 

L\'île de Podesta est indiqué par Google Maps tandis que rien n\'atteste rééllement de son existence. 
L'île de Podesta est indiqué par Google Maps tandis que rien n'atteste rééllement de son existence.  (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS / FTVI)

Quant à l'île Emerald, prétendument découverte en 1821, elle ne serait qu'un iceberg à la dérive, pris pour un îlot, indique un  rapport de 1882 de la Royal Society of New Zealand (en anglais). Mais quid des îles Saxemberg, autre mystère de l'Atlantique sud, jadis présentes sur les cartes ? Quid du récif Ernest‑Legouvé, découvert en 1902 à l'est de la Nouvelle-Zélande puis cherché en vain ? Dans les histoires d'îles fantômes, les navigateurs n'ont jamais l'occasion d'y poser le pied et ainsi d'attester qu'il ne s'agit pas d'un amas de nuage dense ou d'un iceberg, faisant d'elles des endroits parfaits pour laisser l'imagination partir à la dérive. 

D'autres, comme les îles Pepys, confondues avec les Malouines par les explorateurs, ou Frisland (dont on dit qu'il s'agirait de l'Islande), seraient de simples erreurs.