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Tadjikistan : la robe traditionnelle pour éviter le foulard islamique

Confronté à la montée de l’intégrisme religieux, le Tadjikistan, pays d’Asie centrale à majorité musulmane, multiplie les mesures pour lutter contre la radicalisation. Les autorités mènent entre autre une campagne contre le port du hijab, le foulard islamique, et incitent les femmes à opter pour la robe traditionnelle.
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France Télévisions
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Des femmes tadjikes portant l'Atlas et d'autres robes traditionnelles lors du festival du printemps à Douchambé, le 19 mars 2017 (Nozim Kalandarov/ AFP)

Avec son motif ultra coloré, la robe traditionnelle Atlas est devenue la tenue incontournable au Tadjikistan, pays frontalier de l’Afghanistan. Cette tenue populaire de longueur moyenne en soie ou coton a été officiellement recommandée par le gouvernement pour  «inculquer le style national et le patriotisme», comme le précise à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Education nationale.
 
Vêtements islamiques «étrangers»
En encourageant les femmes à privilégier la robe traditionnelle, le gouvernement tadjik veut éviter le port de vêtements islamiques «étrangers» représentés par une longue robe noire et un foulard foncé sur la tête. Une tenue perçue comme «un signe de radicalisation» selon le chercheur Edward Lemon de l’Institut Harriman de l’Université Columbia à New York. Le président Emomali Rahmon, qui fait l’éloge de la robe traditionnelle, assure de son côté que les femmes de son pays n’ont jamais porté de noir, «même pour les funérailles»
 
Ni barbe, ni hijab
Depuis 2015, les autorités tadjikes sont en guerre ouverte contre le «radicalisme» islamique. Le pouvoir ultra-autoritaire, a d’abord interdit le seul parti islamique légal dans le pays, le parti de la Renaissance, qu’il a classé comme organisation terroriste. Il a également adopté une série de mesures pour combattre «les influences étrangères» en fermant des boutiques vendant le hijab ou en obligeant des milliers d’hommes à raser leur barbe.
 
La lutte contre l’intégrisme
A l’instar de plusieurs pays d’Asie centrale, le Tadjikistan fournit un contingent important de combattants aux groupes djihadistes dont notamment l’Etat islamique. Un millier de Tadjiks ont rejoint Daech selon le gouvernement. La lutte contre l’intégrisme religieux est d’ailleurs une priorité affichée pour ce pays qui a connu une sanglante guerre civile opposant le pouvoir pro-communiste à des rebelles islamistes dans les années 90.
 

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