Mort de Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie en Birmanie

Il avait fondé en 1988, avec Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, parti historique de l'opposition. Avant d'être emprisonné par les militaires.

Win Tin, après sa libération de prison, le 23 septembre 2008.
Win Tin, après sa libération de prison, le 23 septembre 2008. ( AFP )

Il a passé dix-neuf ans dans les geôles du pouvoir birman. Win Tin, figure du combat contre l'ancienne junte birmane, est mort, lundi 21 avril, à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie (LND), parti historique de l'opposition qu'il a cofondé avec Aung San Suu Kyi. Ses funérailles auront lieu mercredi.

"Nous allons continuer à faire ce qu'il avait demandé, et nous suivrons son chemin vers la démocratie", a commenté son assistant de longue date, Yar Zar, soulignant que l'ancien journaliste avait jusqu'à la fin affirmé son soutien à la chef de l'opposition, Aung San Suu Kyi.

Emprisonné de 1989 à 2008

En 1988, alors qu'au moins 3 000 personnes sont tuées lors de la répression par les militaires d'un soulèvement populaire, il fait partie avec la prix Nobel de la paix des membres fondateurs de la LND. L'année suivante, il est arrêté et passera au total dix-neuf années en prison, faisant alors de lui le prisonnier politique birman ayant passé le plus de temps derrière les barreaux.

Libéré en septembre 2008 de la tristement célèbre prison d'Insein, à Rangoun, dans le cadre d'une amnistie, il raconte les tortures qu'il a subies et ses années en isolement. Et promet de continuer sa lutte pour la démocratie et pour la libération de tous les prisonniers politiques. Il était notamment toujours vêtu, en leur hommage d'une chemise bleue, l'uniforme des détenus.