Le Vietnam pousse sa production de riz aux dépens de l’écologie

Second exportateur et quatrième producteur mondial de riz, le Vietnam poursuit sa politique de développement de la riziculture. Un productivisme qui ne va pas sans poser problème. La pollution menace la zone rizicole du delta du Mékong, déjà fragilisée par la montée des eaux marines.

Le Vietnam est le second exportateur de riz au monde.
Le Vietnam est le second exportateur de riz au monde. (AFP)

Le delta du Mékong mesure 55.000 km² et abrite 18 millions d’habitants. C’est véritablement le grenier à riz du Vietnam. La principale ville, Can Tho, compte 1,2 million d’habitants.

Depuis les années 70,  la production de riz a été quasiment multipliée par quatre au Vietnam. Une meilleure irrigation, une variété plus prolifique, sont à l’origine de ce résultat.
 
Ainsi, les riziculteurs obtiennent trois récoltes par an! Qu’importe si la qualité est décriée par certains producteurs. Qu’importe aussi les effets sur l’environnement de l’usage excessif des engrais et des pesticides.
 
Le riz, dans l’esprit des dirigeants de ce pays de 90 millions d’habitants, reste LA nourriture. Du reste, L’Asie assure 90% de la production mondiale. La Chine et l’Inde produisent à eux deux plus de la moitié du riz consommé dans le monde. 479 millions de tonnes sont produites chaque année. Le chiffre est en constante augmentation. En 12 ans, la production a progressé de 25%. Seuls 5 à 6% de la production sont échangés au niveau international. Thaïlande et Vietnam sont les leaders assurant la moitié du commerce mondial.

 
L’autre danger qui menace la riziculture vietnamienne réside dans la salinisation du delta du Mékong. Le débit du fleuve se réduit sous l’effet conjugué des infrastructures hydrauliques en amont et d’une pluviométrie en baisse. Du coup, la marée remonte de plus en plus haut, jusqu’à 65 km dans les terres. Mais les rizières gourmandent en eau, s’accordent mal avec ce sel envahissant. Ajoutons à ce problème celui de la montée du niveau de la mer liée au réchauffement climatique. A terme, c’est l’ensemble du delta qui est menacé. Il ne sera alors plus question de riziculture.