Laisser mourir les personnes âgées, s'inspirer des nazis... : les gaffes du vice-Premier ministre japonais

Taro Aso, vice premier-ministre et ministre des Finances, a présenté ses excuses après avoir suggéré de regarder la "technique" du régime nazi pour réformer la Constitution japonaise. Ce n'est pas une première. 

Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, lors d\'un séminaire de l\'Asian Development Bank, à New Delhi (Inde), le 3 mai 2013.
Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, lors d'un séminaire de l'Asian Development Bank, à New Delhi (Inde), le 3 mai 2013. (ADNAN ABIDI / REUTERS)

Quand il était Premier ministre du Japon, entre 2008 et 2009, Taro Aso a hérité du surnom de "cervelle de manga". Actuellement vice-Premier ministre, il a refusé de démissionner, jeudi 1er août, mais a présenté ses excuses pour avoir déclaré que le Japon pourrait s'inspirer de la manière dont le régime nazi avait changé la Constitution de Weimar, en 1933, pour réformer la sienne.

Une nouvelle déclaration pour le moins étonnante venant d'un homme d'Etat, par ailleurs ministre des Finances, et gaffeur en série. La preuve en trois idées surprenantes (voire choquantes).

Et si on modifiait la Constitution en douce, comme les nazis

"La Constitution de l'Allemagne de Weimar a été modifiée avant que quiconque s'en aperçoive (...) Pourquoi ne pas s'inspirer de cette technique ?", a suggéré, lundi, Taro Aso, lors d'un débat sur la réforme de la Constitution japonaise (imposée en 1947 durant l'occupation américaine).

Vivement critiqué, entre autres, par la Chine et les deux Corée, le vice-Premier ministre a expliqué jeudi qu'il avait voulu susciter un débat apaisé sur la Constitution. "J'ai mis en avant les changements apportés par le régime nazi à la Constitution de Weimar, pour montrer qu'il s'agit d'un mauvais exemple de changements effectués sans débat de fond ou sans l'accord des citoyens." Et d'ajouter : "J'aimerais retirer la déclaration dans laquelle j'ai cité le régime nazi en exemple." 

Amis âgés, mourez rapidement, s'il vous plaît

Début 2013, Taro Aso avait déjà dû présenter des excuses. Cette fois, pour avoir appelé les personnes en fin de vie à mourir "rapidement", afin de réduire les dépenses de santé, a rapporté Géopolis.

"La problématique des dépenses faramineuses en gériatrie ne sera résolue que si vous incitez [les personnes âgées] à se dépêcher de mourir", avait-il déclaré à l'occasion d'un débat sur la réforme de la sécurité sociale japonaise, a rapporté The Huffington Post (lien en anglais).  "Que Dieu vous préserve de continuer à vivre alors que vous voulez mourir. Je ne pourrais pas me réveiller le matin en sachant que c'est l'Etat qui paie tout ça pour moi", avait-il lancé, suscitant une vague d'indignation dans ce pays où 25% de la population a plus de 60 ans. 

Nos banquiers ne parlent pas anglais et c'est tant mieux

Si le Japon a peu souffert de la crise des subprimes, en 2008, ce n'est pas grâce à la bonne santé de ses banques, mais parce que les banquiers du pays ne parlent pas anglais, a aussi estimé Taro Aso.

Selon le ministre, cité par le Wall Street Journal (lien en anglais) le 28 juin, les banquiers japonais "ne comprenaient pas bien l'anglais" et n'ont donc pas sauté sur les instruments et produits financiers qui ont conduit le système mondial au désastre. "De nombreuses personnes ont été piégées par des produits financiers douteux, les fameux subprimes (...). Les dirigeants des banques japonaises comprenaient à peine l'anglais, c'est pour ça qu'ils n'ont pas acheté", avait assuré le ministre des Finances lors d'un colloque. 

Les dirigeants des trois principales banques japonaises n'avaient pas souhaité commenter cette analyse particulière.