Le recul de la mangrove au Pakistan menace Karachi

Karachi a profité de la protection de sa mangrove pour s'abriter des effets les plus destructeurs des tempêtes tropicales. Mais le vingtième siècle a vu fondre ce rempart. Aujourd'hui, un tsunami aurait des effets ravageurs sur la plus grande ville du pays.

130.000 hectares de mangrove sont menacés au Pakistan.
130.000 hectares de mangrove sont menacés au Pakistan. (AFP)

La mangrove est un écosystème des rivages marins des régions tropicales. La flore y est peu diversifiée, essentiellement composée de quatre espèces de palétuviers. En bord de mer, les arbres peuvent atteindre  jusqu'à huit mètres de hauteur, et accrochent leurs racines sous des eaux peu profondes.
La faune est en revanche très riche, notamment en coquillages et crustacés. La mangrove par son enchevêtrement d’arbres constitue une protection naturelle, contre la mer et les vents.
 
Au Pakistan, la mangrove s’étend le long du delta de l’Indus, au sud est de Karachi. Elle protège la ville des effets des cyclones. Sauf que Karachi est une mégapole de 20 millions d’habitants. Elle attire toujours plus d’industries et toujours plus d’habitants.

La mangrove ne résiste pas à l’avancée inexorable de la ville sur le front de mer, ni au fait que pour survivre certains pakistanais bucheronnent les palétuviers et vendent leur bois pour quelques roupies.

Le rempart s’émousse donc, victime de l’avancée de la ville, de la pollution et de la déforestation . Avec 130 000 hectares, la mangrove pakistanaise est cinq fois moins étendue qu'il y a un siècle.
 


Les pêcheurs de crevettes ne peuvent que se lamenter de la disparition régulière et inexorable de leur gagne pain.
 
La prise de conscience de l’importance de cet écosystème pour la sécurité de la ville est récente. Près de Karachi on commence même à replanter de la mangrove. Elle ne retrouvera probablement jamais sa splendeur passée, mais c’est au moins une inversion de tendance de bon augure.