Le Qatar face au scandale d'examens gynécologiques forcés à l'aéroport de Doha

Des agents de l'aéroport de Doha ont fait descendre d'avion des passagères d'un vol à destination de Sydney (Australie), le 2 octobre, après la découverte d'un nouveau-né prématuré abandonné dans les toilettes de l'aéroport international.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
A l'aéroport de Doha, en avril 2020. (ST?PHANE FERRER YULIANTI / HANS LUCAS / AFP)

Des femmes ont subi des examens gynécologiques forcés lors d'une escale au Qatar, le 2 octobre. La raison : la découverte d'un nouveau-né prématuré abandonné dans les toilettes de l'aéroport international de Doha, la capitale du pays. Des agents ont fait descendre de l'avion des passagères d'un vol assuré par Qatar Airways à destination de Sydney, en Australie. Elles ont été contraintes de subir des examens gynécologiques pour savoir si l'une d'entre elles avait accouché récemment.

Le gouvernement du Qatar n'a pas commenté l'incident malgré la réaction furieuse de la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, qui a qualifié l'incident d'"extrêmement perturbant, choquant, préoccupant".

La direction de l'aéroport n'a présenté aucune excuse mais a déclaré que l'enfant était vivant et était soigné. "Les personnes qui avaient accès à la zone spécifique de l'aéroport où le nouveau-né a été trouvé ont été priées d'aider à la recherche", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

"Une décision choquante"

Ce scandale pourrait porter un coup aux efforts déployés par le riche pays du Golfe pour améliorer son image avant la Coupe du monde de football en 2022. Avec sa flotte ultramoderne et ses services luxueux, la compagnie aérienne nationale Qatar Airways est l'une des plus prestigieuses au monde et sa réputation pourrait elle aussi pâtir de l'incident, estime Mark Gell, fondateur de Reputation Edge, une société de conseil en image. "Etait-ce la responsabilité de la compagnie aérienne ? Nous ne le savons pas. Mais cela pourrait absolument avoir un impact sur leurs affaires", affirme-t-il.

L'Australie est un marché particulièrement important pour Qatar Airways. Avant la pandémie de Covid-19, la compagnie desservait six villes du pays. Au plus fort de la crise, elle se targuait même de rapatrier les Australiens en détresse lorsque ses concurrentes avaient cloué leur flotte au sol.

Les Australiens, surtout les femmes, vont sûrement "éviter Qatar Airways comme la peste", prédit Alex Oliver, directeur de recherche au centre de réflexion Lowy Institute, basé à Sydney. "C'est une décision choquante de la part d'un pays qui a dépensé des milliards de dollars d'argent public pour tenter de donner l'image d'un Etat plus libéral", réagit-il.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.