Le Pakistan veut pendre un homme en chaise roulante

Abdul Basit, 43 ans, a été condamné à mort en 2009 pour le meurtre de sa petite amie. Il est devenu tétraplégique en prison.

Abdul Basit, 43 ans, est devenu tétraplégique en prison.
Abdul Basit, 43 ans, est devenu tétraplégique en prison. (REPRIEVE)

Dans les prochains jours, des policiers pakistanais vont pousser le fauteuil roulant d'Abdul Basit en haut d'une potence, pour lui passer la corde au cou. Condamné à mort en 2009 pour le meurtre de sa petite amie, l'homme de 43 ans pourrait devenir le premier handicapé pendu dans sa chaise roulante au Pakistan. L'affaire est d'autant plus cruelle qu'il doit son handicap à une maladie contractée en prison.

Son cas fait pour l'instant l'objet d'une bataille juridique. Comme le raconte le Washington Post (en anglais) lundi 24 août, ses avocats estiment que son exécution est illégale. Le règlement stipule en effet que le prisonnier doit "monter" à la potence et "se tenir debout" sous la corde. "Ces règles ne peuvent pas être appliquées à Abdul", rappelle Namra Gilani, avocate pour l'ONG Justice Project Pakistan. Les avocats du condamné redoutent également que la longueur de la corde soit mal mesurée et que leur client ne soit, au final, décapité par le nœud, rapporte The Telegraph (en anglais).

"Un spectacle désolant"

L'ONG Human Rights Watch (en anglais) a appelé mercredi 26 août le gouvernement pakistanais à ne pas l'exécuter. "Nous nous opposons à la peine de mort en toute circonstance, puisque c'est une punition intrinsèquement cruelle, écrit l'ONG. Le spectacle désolant de l'exécution d'une personne avec un handicap sévère ne fait que souligner cette cruauté." "Plutôt que de se poser la question de la cruauté et de l'injustice de la peine de mort, les officiels pakistanais s'interrogent sur la manière de pendre un homme en fauteuil roulant", regrette HRW.

La haute cour de Lahore, qui avait suspendu son exécution le 29 juillet pour examiner à nouveau son état de santé, doit se prononcer le 31 août. Il est cependant peu probable que les juges pakistanais annulent sa pendaison. Depuis le début de l'année 2015, le Pakistan, qui a relancé la machine à exécutions en décembre 2014 après le massacre de Peshawar, a déjà exécuté 209 condamnés à mort.