Enfant unique, peine de mort : la Chine promet un bond en avant sur les droits de l'homme

Pékin vient d'annoncer une série de mesures majeures, qui visent notamment à assouplir son système judiciaire.

Des enfants posent dans une salle de classe à l\'occasion de la Fête des enseignants, à Hefei, dans la province d\'Anhui (est de la Chine), le 9 septembre 2013. 
Des enfants posent dans une salle de classe à l'occasion de la Fête des enseignants, à Hefei, dans la province d'Anhui (est de la Chine), le 9 septembre 2013.  (ZHANG DUAN / XINHUA / AFP)

La Chine se réforme. Quatre jours après une importante réunion du Parti communiste chinois (PCC), l'agence de presse officielle a annoncé une série de mesure majeures pour "améliorer les droits de l'homme et les pratiques judiciaires". Francetv info détaille les principaux changements. 

Assouplir la politique de l'enfant unique

L'agence de presse Chine nouvelle parle d'"une réforme majeure". Le pays prévoit d'assouplir sa politique de contrôle des naissances, dite de l'enfant unique, mise en place en 1979. "La politique des naissances sera ajustée et améliorée progressivement pour promouvoir 'l'accroissement équilibré à long terme de la population de la Chine'", rapporte Chine nouvelle. Concrètement, les couples dont seul un membre est enfant unique seront autorisés à avoir deux enfants. Actuellement, la loi prévoit une dérogation uniquement pour les couples dont les deux membres sont enfants uniques.

Les démographes chinois réclamaient cette réforme depuis plusieurs années, au motif que le taux de fertilité était passé bien au-dessous du seuil de renouvellement de la population. Le syndrome du "pays vieux avant d'être riche" préoccupe désormais les autorités.

Réduire l'usage de la peine de mort

Pékin annonce une réduction "par étapes" du nombre de crimes passibles de la peine de mort. Déjà, en 2011, 13 crimes non violents avaient été retiré de cette liste, alors que d'autres ont été rajoutés récemment, comme celui condamnant les crimes de pollution les plus graves, rapportait Le Monde en juin dernier. 

La Chine procéderait à des "milliers d'exécutions" selon Amnesty international, qui affirme que ce pays "exécute à lui seul plus de personnes que tout le reste du monde".

Abolir le système de "rééducation par le travail"

Cette décision "fait partie des efforts pour améliorer les droits de l'homme et les pratiques judiciaires" dans le pays, rapporte l'agence de presse Chine nouvelle. Pékin va donc abolir son système de "rééducation par le travail".

Il permet d'envoyer des personnes dans des camps sur simple décision policière. Le "laojiao", en chinois, est utilisé par la police contre les délinquants, mais aussi par les autorités locales contre tout contestataire dont elles veulent se débarrasser. Selon un rapport des Nations unies publié en 2009, quelque 190 000 personnes étaient détenues dans ce type de camps en Chine.