L'appel à l'aide du seul Français condamné à mort

Serge Atlaoui, 44 ans, est le seul Français condamné à mort dans le monde. Arrêté en novembre 2005 en Indonésie pour avoir travaillé dans un laboratoire clandestin fabriquant de l'ecstasy, il risque d'être fusillé.

(Radio France © France Info)

La Cour Suprême indonésienne l'avait décidé en mai 2007: Serge Atlaoui et six autres ressortissants étrangers méritent la peine capitale pour fabrication de drogue. Un an plus tard, depuis sa prison hautement sécurisée de Nusakambangan, au sud de l'archipel indonésien , le Français en appelle au Président de la République pour échapper au peloton d'éxecution. Un premier jugement en novembre 2006 l'avait condamné à la réclusion à la perpétuité.

Le soudeur français, arrivé en Indonésie il y a deux ans pour créer une fabrique d'acrylique à Serang, près de Jakarta a été arrêté en novembre 2005, dans le cadre du démantèlement d'un réseau de trafic de drogue.

Serge Atlaoui reconnaît en partie les faits qui lui sont reprochés par la justice, admettant avoir participé à l'entretien des machines utilisées pour produire la drogue. Mais il refuse d'assumer le rôle de cerveau de l'organisation, que l'on veut, juge-t-il, lui faire porter. Procès bâclé, manque de traductions, procédure expéditive: autant d'éléments mis en avant par le condamné pour attirer l'attention des autorités françaises. La justice indonésienne condamne très durement le trafic de stupéfiant.

Sabine Atlaoui, l'épouse du soudeur, a constitué un comité de soutien en France (Association 100% Serge Ataloui, basée à Metz) et lancé une pétition sur internet pour mobiliser l'opinion. Serge Atlaoui est soutenu par l'association Ensemble contre la peine de mort, qui va envoyer prochainement un avocat, pour assurer sa défense et tenter de faire réviser le jugement.

Par ailleurs, le Français Michaël Blanc,arrêté en décembre 1999 pour possession de haschich, est toujours détenu dans une prison indonésienne. Il y purge une peine de réclusion à perpétuité. Toutes les tentatives de libération menées depuis par les autorités françaises et relayées par les médias se sont soldées par des échecs.

Emilie Gavoille