Emeutes au Kazakhstan : le président, soutenu par Moscou, ordonne de "tirer pour tuer"

Au bout de plusieurs jours de troubles et d'émeutes, les autorités assurent avoir rétabli l'ordre dans ce pays d'Asie centrale.

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Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaiev, le 5 janvier 2022 à la télévision. (EYEPRESS NEWS)

Le président du Kazakhstan a autorisé, vendredi 7 janvier, les forces de sécurité à "tirer pour tuer" afin d'étouffer toute émeute et, fort de l'appui de Moscou, a exclu de négocier avec les manifestants. Dans une allocution télévisée, Kassym-Jomart Tokaïev a "remercié tout spécialement" son allié Vladimir Poutine pour son aide après l'arrivée sur place d'un contingent de troupes russes et d'autres pays alliés de Moscou pour soutenir le pouvoir.

Le Kazakhstan, plus grand pays d'Asie centrale aux riches ressources naturelles, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche en province après une hausse des prix du gaz avant de s'étendre à de grandes villes, notamment Almaty, la capitale économique, où les manifestations ont dégénéré en émeutes contre le régime en place, qui ont fait des dizaines de morts.

Plus de 3 800 personnes arrêtées

Les autorités ont affirmé que 26 "criminels armés" avaient été tués et plus d'un millier de manifestants blessés, les forces de l'ordre faisant état par ailleurs de 18 tués et 748 blessés dans leurs rangs. Plus de 3 800 personnes ont été arrêtées. Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Après deux jours de violences, Almaty avait des allures de ville fantôme vendredi, la plupart des banques, supermarchés et restaurants restant fermés, tandis que des blindés de la police patrouillaient les rues, toujours jonchées de carcasses de véhicules calcinés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les pays occidentaux préoccupés

Les troubles qui secouent ce pays de 19 millions d'habitants préoccupent les pays occidentaux. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron ont ainsi appelé vendredi à la "fin de la violence" et à la "retenue". Mais le président chinois Xi Jinping a salué les "mesures fortes" prises par le président kazakh, rendant hommage à son "sens du devoir".

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a de son côté mis en doute vendredi la nécessité de faire appel aux troupes russes, prévenant qu'il serait "très difficile" d'obtenir leur retrait.

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