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Japon : sur fond de scandales qui touchent les femmes ministres, deux d'entre elles démissionnent

Début septembre, le Premier ministre Shinzo Abe avait nommé cinq femmes à des postes importants. Elles sont aujourd'hui au centre de polémiques gênantes.

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La ministre de l'Economie japonaise Yuko Obuchi, en conférence de presse, lundi 20 octobre 2014.  (KOJI ITO / YOMIURI / AFP )

Coup dur pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Sur fond de scandale, ses ministres de l'Industrie et de la Justice ont démissionné. Lundi 20 octobre, la ministre de la Justice Midori Matsushima a quitté son poste, quelques heures après sa collègue de l'Industrie, Yuko Obuchi. Etoile montante du Parti libéral-démocrate au pouvoir et fille d'un ancien Premier ministre, cette dernière est soupçonnée d'irrégularités dans l'utilisation de fonds politiques.

"Je suis désolée et je présente mes excuses les plus sincères pour n'avoir pu contribuer en aucune manière au renouveau économique, à la réalisation d'une société où les femmes rayonnent et à diverses autres tâches", a déclaré Yuko Obuchi, avant de s'incliner longuement devant une nuée de journalistes.

Elle s'achète des produits cosmétiques

Yuko Obuchi est notamment accusée d'avoir dépensé entre 2007 et 2012 plus de 10 millions de yens (près de 74 000 euros) sans aucun rapport avec ses activités politiques, notamment pour acheter des produits de beauté dans des grands magasins.

Selon plusieurs médias, l'organisme chargé de lever des fonds pour elle a par ailleurs déboursé 3,62 millions de yens dans une boutique appartenant au mari de sa sœur. Enfin, certains de ses partisans se sont vu offrir des places de théâtre sur de l'argent collecté à des fins politiques, pour un coût total de 26 millions de yens.

Des affaires qui alimentent le machisme politique

Un contrecoup pour Shinzo Abe qui voulait faire de cette mère de deux enfants, première femme à prendre la tête du ministère de l'Economie, un symbole de sa politique envers les femmes. Le Premier ministre souhaite en effet féminiser le marché du travail pour doper l'économie nationale qui peine à redécoller.

Dans ce pays réputé pour son machisme en politique, Shinzo Abe avait nommé début septembre cinq femmes à des postes importants à l'occasion du premier remaniement depuis son retour au pouvoir fin 2012. Or, ces cinq femmes sont toutes aujourd'hui au centre de polémiques gênantes.

Photo embarrassante et crise diplomatique en vue ?

La ministre de la Justice Midori Matsushima est ainsi accusée d'avoir violé le code électoral en distribuant de petits éventails avec son portrait et son nom à des électeurs de sa circonscription. Quant à Eriko Yamatani, notamment responsable du dossier sensible des Japonais enlevés par la Corée du Nord durant la guerre froide, la presse avait publié le mois dernier une photo d'elle avec un militant d'un groupe néo-nazi local.

En compagnie de celle-ci, Sanae Takaichi, la ministre des Affaires intérieures et de la Communication, ainsi que sa collègue Hariko Arimura, autre quadragénaire chargée de la Promotion des femmes et de la lutte contre la dénatalité, se sont en outre affichées samedi au sulfureux sanctuaire Yasukuni de Tokyo, symbole du militarisme nippon passé, au risque de hérisser Pékin. Et ce alors que Shinzo Abe tente d'organiser une rencontrer le président Xi Jingping en novembre à Pékin.

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